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CHRONIQUE - Quelles sont les intentions de Madou ? (La chronique d’Alima), par Alima - SEYTOO.COM
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Quelles sont les intentions de Madou ? (La chronique d’Alima)

Chronique

C’est pire que recevoir un coup de massue. J’avais les yeux grands ouverts, je regardais Madou sans pouvoir prononcer un seul mot.

Publié le 08 avril 2020, Alima

-MADOU : c’est ma mère Khady, ma sœur Mariéme, et un cousin Alioune.

La famille au complet, wow !

-MOI : ah merci, maman, je m’excuse de vous avoir fait, vous déplacer.
-LA MAMAN : c’est le moins que je puisse faire, je n’entends que du bien à ton sujet.

Du bien de moi ? Elle ne m’aurait pas confondu par hasard.

-MOI : Ah ?!

Je regardais Madou pour avoir un message codé de sa part, mais rien.

-LA MAMAN : Dieu fait comme bon lui semble. Que son âme repose en paix, que Dieu lui accorde une place au paradis.
-MOI : Amine. Je vous remercie beaucoup, vous n’étiez pas obligé de faire ce déplacement. La présence de Madou aurait largement suffit.
-LA MAMAN : c’est normal ma fille, de plus j’ai tellement entendu parler de toi.

Mais entendre parler de moi « ci naka » (comment ça ?)C’était très bizarre pour moi, vu la façon dont s’est terminée ma relation avec son fils. En plus beaucoup d’eau a coulé sous les ponts.
Nous avons discuté un moment, ensuite sa mère m’a remis une enveloppe en guise de « diaxal »comme quoi, pour me réconforter de ma douleur…
Je me suis sentie très gênée, celle-ci je ne m’y attendais pas.

-MOI : merci beaucoup, mais ce n’était vraiment pas la peine, vous être déplacés me touche beaucoup.

Ils ont ensuite pris congé, Madou, a promis de me rappeler. Mais je ne comprenais toujours pas, pourquoi avoir fait venir toute sa famille.
Quand je suis retournée dans ma chambre, Cheikh n’y était plus. J’ai donné l’enveloppe à Alima pour qu’elle la range dans mon porte-monnaie, puis je suis retournée dans le salon. J’ai fermé la porte. J’avais besoin de ça, ce silence, être seule un moment loin de tout. J’ai entendu Ta Coura demander après moi, je suis alors sorti.

-MOI : T’as besoin de quelque chose ?
-TA COURA : viens, on m’a préparé un peu de bouillie tu vas manger avec moi.

Je l’ai accompagné dans sa chambre, nous avons mangé tout en discutant. Nous nous remémorions quelques souvenirs.

-MOI : le meilleur souvenir que j’ai de vous deux, c’est lorsque vous vous conduisiez comme des enfants à courir partout dans la maisonnée.
-TA COURA : oui c’est vrai c’est que c’était mon ami, mon frère avant tout.

Nous allions même jusqu’à rire, tellement il y avait de ces insolites. Jules nous a alors trouvé dans la chambre.

-JULES : « yene lolene di ré », (pourquoi vous riez autant ?)
-MOI : on se remémore quelques anecdotes à propos de papa.
-JULES : justement c’est comme ça que vous devez être, voilà ce que papa voudrait. Maintenant sortons d’ici avant qu’on ne nous prenne pour des fous
.
Entre temps d’autres gens sont montés pour présenter leurs condoléances à Ta Coura. C’était devenu un sempiternel défilé, durant tout l’après midi. Un moment quand je suis descendue et que j’ai trouvé cette foule dans la cour, les chambres, dehors ; partout, chacun formant un groupe, discutant, ricanant. Je n’en pouvais plus. J’étais agacée. C’était plus fort que moi. Je suis montée sur quelques marches, pour être assez en hauteur
.
-MOI : « soul nagne ,sarakhal nagne lo len di kharati ? »(que faites vous encore là, le mort à été enterré .)

Il aura fallut que j’ouvre la bouche pour que tous ferment la leur. Khadim qui entrait à ce moment m’a tenu par le bras, me tirait de force, afin que je monte les dernières. Tout le monde était un moment surpris, mais ils ont encore recommencé à piailler, et cette fois il est certain, que j’étais le sujet, de toutes les discussions.

« dewou baye bi dé doflo nako » pour sûr il y en a qui se le disent.

-KHADIM : « yow lou la dal, kou la yobou ngeu beug. »(Tu veux être le sujet de toutes les conversations ou quoi ?)
-MOI : je m’en fiche ! Ils ne foutent plus rien ici, qu’ils s’en aillent et nous laissent en paix.
-KHADIM : ça énerve tout le monde mais, c’est bientôt fini, reste calme. Pas besoin d’agir ainsi pour après être la risée des funérailles.
-MOI : je m’en fiche, « dego » (t’es sourd)

Cheikh est ensuite monté, « anna ngueu balmeu dama la sokhleu » (accorde moi une minute)
Je suis sortie le rejoindre nous sommes allés au salon. Je me suis assise sur un fauteuil, mais lui était debout, face à moi, les mains dans le pantalon de sa tenu traditionnelle. Il n’arrêtait pas de me fixer.

-MOI : lanla ? (qu’est ce qui se passe)
-CHEIKH : dara (rien)
-MOI : mais pourquoi tu m’as appelé alors ?
-CHEIKH : J’attends que tu te calmes.
-MOI : tchiiiip
-CHEIKH : « wa » merci.
-MOI :lol je suis calme… T’étais où ?
-CHEIKH : comme tu avais des invités, je n’ai pas voulu déranger. Madou était accompagné de qui ?
-MOI : sa mère, sa sœur, et un cousin à lui.
-CHEIKH : ah bon vous vous connaissez ?
-MOI : non justement je ne l’ai avais jamais rencontré. Pourtant ils ont tenu à venir me présenter leurs condoléances.
-CHEIKH :hmmm
-MOI : pourquoi ?
-CHEIKH : « awma droit lathieté » (je n’ai plus le droit de poser de questions ?)Dis moi plutôt, ça va.
-MOI : bien sûr.
-CHEIKH : alors ne me pique pas une autre crise comme celle d’il y a quelques minutes.
-MOI : ah « gni da gno sof » ! (c’est qu’ils sont chiants !)
-CHEIKH : oui mais c’est bientôt fini, alors tranquille.
-MOI : oui monsieur.

Nous sommes repartis, dans ma chambre cette fois maman était là et elle me regardait d’un œil sévère. Nous étions ensuite seules dans la chambre, maman, Alima et moi, j’ai pris mon porte-monnaie, j’ai sorti l’enveloppe, j’étais désireuse de savoir ce qu’il y avait dedans.
J’étais stupéfaite, « gni khana dagne dof ?? »(Mais c’est qu’ils sont malades)Pourtant je n’ai pas voulu montrer à quel point j’étais surprise, mais quand même... cent milles francs !!!
Mais pourquoi tout ça ?

-MAMAN : « kou la diokh li ? »(Qui t’as donné tout ça)
-MOI : la maman de Madou, un ex à moi.
-MAMAN : un ex ???

J’ai alors tendu l’enveloppe, avec tout ce qu’elle contenait, à ma mère.

-MOI : tiens je devais justement te donner de l’argent.

Ma mère parlait mais je n’entendais plus, je me demandais plutôt pour quoi tout ça ?

(Moi je me demandais plutôt si ce gars était vraiment un ex…)

Dans la nuit, quand tout le monde est rentré.

-MOI : Anna, Madou c’est vraiment un ex ?
-MOI : oui pourtant.
-MOI : un ex…et il te donne tout ça, t’emmène sa mère…
-MOI :lol c’est quelqu’un de bien, c’est un ami à Khadim aussi.

Quand il a fallu manger j’étais devant le plat, je regardais cette viande, et mes pensées ce sont dirigées vers papa et cette fois je n’en pouvais plus. J’ai fondu en larmes. Je ne supportais pas le fait de voir cette viande et de me dire « ce bœuf a été abattu, parce que papa est parti »

-MOI : Alima a déplacé le plat du lit elle m’a pris la main,
-ALIMA : hé, t’avais pas dit que ton père t’interdisait de pleurer ?
-MOI : mais je n’y arrive pas.
-ALIMA : mais « kone dioyale », pleure, ne te fais pas plus de mal !

Je me suis recroquevillée sur le lit et je me mettais à pleurer, il n’y avait aucun bruit dans la chambre, mis à part mes pleures. Ensuite je me suis calmée, puis suis sortie me débarbouiller.
Quand je suis revenue trouvant Alima, en position « le penseur» je n’ai pas pu me retenir, j’ai pouffé. Alima qui écarquillait les yeux. Je ne pouvais plus me retenir, au point que j’ai mis ma main à la bouche.

(Moi honnêtement j’avais un peu peur, je me demandais si elle n’avait pas perdu la tête ?)

-MOI : c’est toi qui me fait rire, tu n’as pas vu ta réaction, t’avais les yeux grand ouverts, et comme t’as lancé le pain.
-ALIMA : lol j’ai comme l’impression que tu te fou de nous des fois. Tu m’as vraiment surprise.
-MOI : je te jure je ne fais pas exprès, viens on mange.
-ALIMA : « mane kay sourna », tu m’as coupée l’appétit. Couchons nous plutôt, faut que j’aille bosser demain.

Les jours qui suivirent, la maison, se vida peu à peu. Elle commençait petit à petit à retrouver sa tranquillité, sauf que celle-ci est imbibée de tristesse. Cheikh passait chaque soir me voir avant de rentrer chez lui. Madou aussi, passait de temps en temps, m’appelait, ou encore m’envoyait des textos pour s’enquérir de mon état. Ça me faisait plaisir mais en même temps me gênait. La maison manquait de son âme, mon père. Son absence se faisait douloureusement sentir. Je ne bougeais plus de chez moi. Le départ de papa a eu un très mauvais impact sur ma personne. J’avais arrêté de travailler. Et alors que je devais passer un exam deux semaines après le décès de papa, j’ai tout, abandonné. Je passais mes journées dans ma chambre, celle de Ta coura, ou encore celle de grand-mère.

Madou était passé un jour, nous discutions comme de grands amis que nous étions devenus.

-MADOU : il y a ma mère qui demande de tes nouvelles, faudrait penser à lui rendre visite un de ces jours.
-MOI : tu as raison, je passerais la voir.
-MADOU :…quand elle était venue c’était pour te présenter ses condoléances, mais surtout te rencontrer.
-MOI : ah bon ?
-MADOU : je lui ai beaucoup parlé de toi… Anna malgré tout ce qui s’est passée, c’est toi que je veux. C’est toi que j’aime.

Je n’aurais jamais pensé que je me sentirais gênée, d’entendre cela.

-MADOU : Si tu veux demain j’enverrais mes proches demander ta main cela ne tient qu’à toi.

C’est pire que recevoir un coup de massue. J’avais les yeux grands ouverts, je regardais Madou sans pouvoir prononcer un seul mot.


Du même contributeur, Alima


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