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CHRONIQUE - Serait-ce la fin pour Anna ? (La chronique d’Alima), par Alima - SEYTOO.COM
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Serait-ce la fin pour Anna ? (La chronique d’Alima)

Chronique

J’étais avec grand mère, elle essayait de me faire oublier un peu tous ses tracas. Vers les coups de quinze heures, je remarque qu’il y a beaucoup plus de bruit que d’habitude.

Publié le 05 avril 2020, Alima

Je ne me souviens de rien du tout. La seule chose que je sais est que je me suis réveillée sur un des lits de l’hôpital. Il y avait Jules à mes cotés, là j’ai paniqué et j’ai voulu me lever.

-JULES : « hé fo dieum » (où tu vas comme ça) calme-toi.
-MOI : papa…
-JULES : ça va aller, le médecin est optimiste.
-MOI : jules, coma !
-JULES : Anna beaucoup sont sortis d’un coma, ça va aller.
-MOI : Ta Coura elle est où, dans la chambre avec papa ?
-JULES : non, on nous interdit de rester, mais on l’a vu à travers la vitre.
-MOI : on y va.
-JULES : si tu bouges, j’appelle une infirmière. Ta tension artérielle est en baisse. Tu n’as pas le droit de bouger, essaie de te rendormir.

Au lieu de veiller sur mon petit frère c’est lui qui le fait. Je le regarde et c’est un homme que je vois. Ma tension artérielle, ne reviendra pas à la normal de sitôt. J’étais vraiment inquiète. Quand j’ai entendu l’appelle du muezzin, j’ai voulu en profiter pour sortir et aller voir par moi-même.

-MOI : « dama beugeu djoulli » (je veux aller prier)
-JULES : mais tu n’a pas de foulard avec toi.
-MOI : Ta Coura en a.
-JULES : ok, je vais te le chercher.
-MOI : non j’y vais avec toi, je veux faire mes ablutions aussi.
Il me regardait d’un air hésitant.
-MOI : je te jure que ça va.
Dehors, j’apercevais Ta Coura toute seule sur un banc.
-MOI : Jules pourquoi tu l’as laissée seule ?
-JULES : Elle refusait de bouger de là.

Je suis venue m’asseoir à ses cotés. Nous étions tous sur le même banc, attendant que le médecin nous laisse entrer. Le couloir commençait à faire foule. Une infirmière leur a demandé de descendre vers le jardin. Durant toute la matinée c’était un « va et viens »à n’en plus finir. Mais personne n’avait le droit d’entrer dans la chambre Jules au moins il l’a vu « ma nek fi di nelaw rek » ! (et moi j’ose m’endormir)
Jules est allé me chercher à manger mais je n’ai pu y toucher, ce que je voulais c’était le voir. J’en avais marre de cette attente, j’ai dit à Ta coura que j’allais voir le docteur, elle a insisté pour que je reste tranquille.

-TA COURA : Anna calme-toi, prie c’est mieux.
-MOI :« Way calme toi ba kagne », (me calmer jusqu’à quand) je veux voir mon père c’est tout.

Vers dix heures le docteur, nous trouve assis.

-LE MEDECIN : « yena ngui tok » (vous êtes biens assis)

Comme si on pouvait faire autre chose, question bête !

-MOI : « wa » est ce qu’on peut le voir ?
-LE MEDECIN : oui allez y mais il faut du silence, que la famille s’il vous plaît.

Je ne me suis même pas mis à écouter d’avantage.
J’étais sur le seuil de la porte, et je n’osais plus m’avancer. J’hésitais maintenant à m’approcher. La chambre était silencieuse je me suis rapprochée de plus prés .Donc c’est ça être dans le coma, c’est comme dormir. Son visage respire la sérénité. Un sommeil profond, ce n’est que ça ? Sauf qu’on ne sait jamais quand est ce que la personne se réveille…si jamais elle se réveille. Je la regarde et je n’ose pas le toucher. Peut être de peur de le blesser quelque part, je ne sais pas. Dans ma tête je me disais, « réveille toi papa, t’as assez dormi. Ça suffit ouvre les yeux ! » Jules est entré dans la pièce, m’a pris dans ses bras.

« Ne t’inquiète pas, il va se remettre »

Il est tellement optimiste que ça me dépasse.

-JULES : viens sortons, pour laisser Ta Coura être avec lui.

Quand nous sommes sortis, Ta Coura est entré, on interdisait, trop de monde, donc les autres restaient dehors.
J’étais sur le balcon, il fallait que je respire, j’étouffais. Je respirais surtout pour ne pas éclater en sanglot. Je veux qu’il se réveille, qu’il aille mieux. Je veux qu’il me souri. Je sais qu’à un moment donné j’ai crié, mais je ne me souviens de rien d’autre. On m’a juste dit que j’ai semé le bordel à l’hôpital, que j’ai crié, me suis roulée par terre, personne n’arrivait à me retenir. A ce qu’il paraît, le personnel hospitalier a demandé à ce qu’on me ramène à la maison. Parce que je perturbais les lieux et que c’était nuisible aux malades. Quand j’y repense je me sens vraiment gênée. Je me suis plus tard réveillée dans mon lit, lorsque j’ai voulu repartir, à l’hôpital, on m’a dit que j’y étais interdite d’accès. Durant des jours je n’avais plus le droit d’y mettre les pieds. Je me contentais alors de m’enfermer dans ma chambre et de prier, encore prier, ou bien être prêt de grand mère. A elle, on ne lui a pas dit qu’il était dans le coma, on lui a plutôt dit qu’il se rétablissait.
Depuis une semaine, Ta Coura n’a pas posé les pieds à la maison.

Mais où est Cheikh me direz vous ?

Durant la période où papa était dans le coma. Il était parti à Thiès, rendre visite à une de ses tantes malade, et comme, un de ses amis d’enfance devait se marier dans la même semaine, il préférait profiter de ces jours de congé pour aussi se ressourcer. (D’après ce qu’il m’a dit !)Alors cette fois je n’ai pas tenu à l’appeler il était tant qu’il se détache, de nous, de ma vie ! Pourtant j’avais tellement besoin de lui dans ces cas là. Il me manque. Il aurait trouvé les mots pour me remonter le moral. Mais il faut que je mette dans la tête qu’il ne sera rien d’autre qu’un ami. Je dois le laisser vivre sa vie.

Je passais tout mon temps à prier, prier rien que ça ; Je suppliais DIEU. Je le suppliais de ne pas me le prendre. Je le suppliais de rouvrir ses yeux. Je voulais mon papa à mes cotés. Mon Dieu je t’en supplie laisse-le moi encore quelque temps. Je t’en supplie, j’ai encore beaucoup de choses à faire pour lui. Je lui dois beaucoup, je veux juste qu’il me voit être heureuse, et qu’il en soit fier, « lolou rek lalay niane » (je ne demande que ça.)
Je passais tout mon temps à prier, j’en étais allée jusqu’à jurer que si papa se réveille, je me marierais avec le premier venu. Je ferais mon possible pour paraître heureuse. Je suis allée jusqu’à lui dire

« Mon Dieu si tu veux, je retournerais avec Assane, je jure que je le ferais, mais laisse mon père vivre ! »

Je ne mangeais plus, je m’enfermais tout le temps dans ma chambre.
Une nuit alors que j’ai eu toutes les peines du monde à m’endormir.

Papa me tenait par la main.

« Anna boul ma dioye, so ma beugué dé ma nianal »(Ne pleure jamais ma perte, prie pour moi)
Il a répété trois fois cette phrase. En sursaut je me suis réveillée, je tremblais. Donc il n’est pas là papa ?
Mes larmes ont commencé à couler, et le plus bizarre, « walahi », je sentais comme si papa avait vraiment tenu ma main. Il était deux heures du matin, j’ai appelé Ta Coura. Je commençais à pleurais, je ne parvenais même pas à parler normalement. J’étais complètement prise de paniquée.

« Allo, noumou def » (comment va t-il ?)
« Il dort toujours, yalla bakhneu » (Dieu est grand)

Il est là, papa est toujours là ! Je suis sorti faire mes ablutions, et je me suis mise sur ma natte pour prier. J’ai passé toute la nuit, sur la natte à égrener mon chapelet.
Jusqu’à la prière du matin, j’étais encore, à califourchon sur la natte. Je voulais juste que le Tout-Puissant entende ma prière. Vers sept heures, je me suis décidé à aller prendre un bain. J’étais pire qu’une loque. J’étais dans ma chambre quand grand-mère frappe.

-GRAND MERE : « Anna kay ak mane lek » (Anna viens manger avec moi)
-MOI : « mame sourna, khiffouma » (je n’ai pas faim)
-GRAND MERE: “So lekoul doumalek,kay dimbeulima yaye boy”(alors je ne mangerais pas, s’il te plaît viens !)

Franchement, je n’avais envie de rien. Grand-mère on lui avait interdit de jeûner et moi depuis quelques jours, après un bout de bain au moment de la coupure je ne touchais plus à rien. Cela m’avait affaibli, et grand-mère refusait que je jeune maintenant. Je suis allée dans sa chambre pour manger avec elle.

« Anna yalla bakhneu, lou geune rek lay def » (ça ira, Dieu fait toujours, ce qui est mieux.)

Je gardais le silence parce que je n’osais pas dire ce que je pensais. Ce que je pense, je veux qu’il me ramène mon père saint et sauf !

J’étais avec grand mère, elle essayait de me faire oublier un peu tous ses tracas. Vers les coups de quinze heures, je remarque qu’il y a beaucoup plus de bruit que d’habitude. Les garçons qui circulent sur la terrasse. J’entends grand mère qui monte les escaliers avec des « lahilaha illalah »

C’est fini ?
C’est vraiment fini ?
Papa est parti ?


Du même contributeur, Alima


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