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Sur les rives du désespoir (3)

Publié le 22 juin 2020, Safinousta

Etant fille unique j’ai grandi avec ma mère qui ne s’est jamais remariée, avec son petit frère et sa famille….Il me fallait ouvrir une nouvelle page de ma vie, un espace ou je volerai de mes propres ailes, un espace ou je vivrai cette fois ci pour moi-même et non pour les autres…..

Il fait beau dehors aujourd’hui contrairement à ces derniers jours ou la pluie ne cessait de tomber, faut croire que la nature a tant sollicité son toit qu’il a abreuvé la soif qu’elle avait accumulée durant ces derniers mois de canicule, je pense même qu’elle s’est constitué une belle réserve, en plus de ces eaux stagnantes qui emprisonnent certaines maisons et salissent l’image de la capitale. Y’a vraiment à faire dans ce pays. Vendredi peu ensoleillé avec un vent doux, conditions rêvées pour aller faire quelques courses.

10h 45 à ma montre, j’ai le temps avant de passer prendre ma petite fille, je l’ai inscrite dans un institut pour qu’elle puisse suivre quelques cours de Coran avant la grande rentrée. Tout d’abord il me faut choisir quelques articles de décoration pour l’aménagement de mon appartement, ça va faire 2 semaines que suis là et je n’ai toujours pas fini de déballer mes cartons. Mais je n’avais pas trop le temps, entre la recherche de boulot et les tracasseries du divorce et surtout je n’avais pas la tête à cela. Comment vouloir donner de l’éclat à son environnement de vie quand tout son être est quasi éteint. Le divorce vient d’être officiellement prononcé, eh oui deux ans de combat contre Momar qui n’a d’ailleurs jamais voulu de cette rupture. Heureusement pour moi, j’ai pu avoir la garde mon bébé avec une pension alimentaire de 250 000 FCFA. J’aurai tout donné pour qu’elle ne grandisse jamais avec cet homme. Maintenant qu’il n’y a vraiment plus de tension essentiellement du coté de ma famille qui voyait mal le fait qu’une femme en instance de divorce puisse aller vivre seule avec sa fille, j’ai préférer sortir du joug familial surtout que le vrai lien qui me retenait là bas, ma mère est décédée il y’a 3 ans. Etant fille unique j’ai grandi avec ma mère qui ne s’est jamais remariée, avec son petit frère et sa famille….Il me fallait ouvrir une nouvelle page de ma vie, un espace ou je volerai de mes propres ailes, un espace ou je vivrai cette fois ci pour moi-même et non pour les autres…..

Dernière étape, Casino, j’ai déjà pu trouver les articles que je voulais, et j’ai pu négocier une livraison immédiate. Je me dirigeais vers le rayon des produits de toilette quand bammm !

Je tombais nez à nez avec une ancienne amie, elle fut ma meilleure, mais la distance, les silences nous avaient éloignées. Mina !!!!!!!

-... : Mayriam !!!!!!! On s’écria ensemble, à ce moment les années de vide relationnel avaient cédé la place à un besoin fou de manifester le bonheur de se retrouver. Après quelques embrassades et quelques échanges ou elle me résuma ses quelques années passées en France nous décidâmes d’aller prendre un verre.

- Mayriam : Tu sais je me suis toujours dit que tu m’avais oubliée, que t’avais d’autres priorités relationnelles

- Mina : Figure toi que j’ai aussi pensé cela de toi, et je regrette vraiment que ces incompréhensions nous aient fait souffrir, mais ce qui compte c’est qu’on est là maintenant. Suis revenue et ce pour de bon. Alors raconte-moi ton mariage, je l’avais appris par Ismaël, le pauvre il t’aimait vraiment lui.

-Mayriam : ah oui ? Et que devient-il ?

-Mina : Il vit à Paris maintenant, il est devenu un brillant financier et s’est marié l’an dernier.

-Mayriam : ah c’est bien, suis vraiment ravie pour lui. Mina me révéla qu’elle était toujours célibataire qu’elle avait trouvé un gars mais le hic c’est qu’il était blanc et sa famille était raciste. Elle préféra se retirer et se concentrer sur sa carrière, elle a toujours argué que les hommes étaient au second plan, qu’elle ne ferait jamais d’un homme sa priorité, donc elle a vite baissé les bras.

-Mina : alors l’heureux élu !?

-Mayriam :... à vrai dire j’ai divorcé

-Mina: wakhall diamm ! lolou kagne la ?

-Mayriam: pour moi ce statut est la meilleure chose qui me soit arrivé. Elle me regardait d’un air si compatissant que je n’ai pas pu me retenir, j’explosai devant elle.

-Mina : Allez viens là, elle me prit dans ses bras et m’offrait un mouchoir. Calme toi ma belle. Vas y raconte moi tout.

Je commençai à m’apaiser et je décidai pour la première fois de me confier…

-Mayriam : il n’a jamais été mon choix, on me l’a imposé.
Tu sais le jour de ton départ (10 ans en arrière), après t’avoir accompagné à l’aéroport, Ismaël m’avait convaincu, après avoir tant insisté j’ai fini par l’amener chez moi. Il a voulu que je le présente à ma famille, il fut très bien accueilli…..

-Mina : Bilay, je pensais qu’à l’époque c’était miracle chez vous vu ton oncle qui te surprotégeais

-Mayriam : Tu connais antiphrase non ?

-Mina : nooooooon, ils l’ont massacré ?

-Mayriam : je préfère être massacrée que d’avoir à subir cette humiliation. A peine avoir salué je voyais déjà ma tante qui l’épiait de la tête aux pieds. Elle répondit à peine à notre salut.

-Moi : tata ou est maman ?

-Elle : dans le salon

-Moi : merci, tante ki sama copain la, Ismael la toud.

-Elle : Sant bi ? mboki fane ?

-Lui : Gassama, j’habite pas loin d’ici

-Elle : badou keur Wélé sama djégou mbotay bi niouy togal si souniou khew yi ?

-Lui : dédète dou keur gogou wayé Wélé sama badjène la

-Elle : Mayriam temps yi yangui beug goud tank, tank nak sou yémoul deug lou mou khamoul. Khamale sa bop !tchiiiiiiiip

J’étais bouche bée, je n’en revenais pas qu’elle lui ait dit cela. Et maman nak ayant suivi toute la scène de là ou elle était assise, se leva de suite et vint jusqu’à notre niveau.

-Maman : Assaloumou aleykoum….Elle ne nous laissa même pas le temps de lui répondre. Yaw sa goungué bi yagueuna, beugueuna nga dem légui éguilale sa tante réer bi, bonne bi dafa fébar ci ngone bataye, kharr dafay andeu ak moromi kharr ram…..

- Moi : ... oui, j’étais devenue quasi muette, je sentais que le sol se dérobait sous mon pieds tant j’avais honte, tant j’étais désolée pour Ismaël. Il me lança un « j’y vais » à peine audible. Je n’eus même pas le temps de le raccompagner.

-Mina : quoi ?! Elles croient à ces trucs de moyen âge

-Moi : t’as encore rien entendu, ce n’est que le commencement...

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