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CHRONIQUE - Sur les rives du désespoir (5), par Safinousta - SEYTOO.COM
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Sur les rives du désespoir (5)

Chronique

Ce que je ne savais pas c’est que je me laissai manipuler inconsciemment me disant qu’elles savaient ce qu’il y’avait de mieux pour moi.

Publié le 25 juin 2020, Safinousta

On était Samedi, Mina tint sa promesse et arriva vers 11h du matin. Après s’être préparé un bon petit déjeuner à la royale comme elle aimait tant, croque-monsieur, omelette à l’espagnole, toast grillé, Nutella, carte noire, jus d’oseille (elle, c’est du genre raffoler de tout et n’avoir rien à surveiller, je lui ai toujours envié sa sveltesse) elle me força à aller faire quelques courses, elle tenait absolument à ce qu’on fête mon anniversaire.

-Mayriam : tu sais bien que pour moi ça ne reste qu’un rappel du temps, donc je n’ai jamais pris l’initiative de le fêter.

-Mina : oui madame, mais là c’est ta chère amie qui veut te voir rayonner même si c’est pour un soir, ta joie de vivre, la vraie Mayriam me manque. Stp juste, dis oui. En plus on a 30 ans qu’une seule fois.

-Mayriam : je ne peux rien te refuser, mais rajoute à ton agenda madame l’organisatrice celui de ta fille qui va elle aussi avoir 4 ans dans exactement 1 mois 16 jours.

-Mina : oh mince alors, je serai absente du pays, j’ai une mission de prévu. Tu sais, je dois aller suivre une formation complémentaire en Belgique. Notre groupe a mis en place une nouvelle plateforme de communication bancaire. Et je te dis pas tout, je voulais te faire la surprise mais bon tant qu’on y est, je vais être nommée directrice financière de notre filiale à Dakar.

-Mayriam : ah oui ? Mais c’est chouette ma belle ! Finalement y’a de quoi fêter. Dans mes bras, j’ai toujours su que tu ferais notre fierté. Battante, sérieuse, dévouée à tes études.

-Mina : huumm, ah bon ? je ne me souviens plus de la fille qui me chipait toujours la meilleure note, celle là qui se plaisait à pleurnicher après un devoir et qui finissait toujours à nourrir en moi un brin de jalousie ! Tu ne te souviendrais pas par hasard de ses initiales ? Elle me faisait enrager des fois cette fille, ah oui c’étaient bien M.C, ça me revient

-Mayriam : lol !!! moi non, aucune idée

-Mina : oui c’est ça ! et va vraiment falloir que tu m’expliques pourquoi tu t’es arrêtée en ci bon chemin ? mais sama dom mom bossom faut k mou inoubliable. Je compte sur toi nak

-Mayriam : nous t’attendrons pour ça ! Mais toi faut qu’on cause hein, je t’ai bien observé l’autre soir.

-Mina : hummm qu’est ce qui cloche chez moi ? Rires !

-Mayriam : en plus elle fait la maligne, il te plait ce mec ?

-Mina : qui ?! Ton voisin ?

-Mayriam : qui d’autre ? Je ne t’ai jamais vu aussi enjouée avec les inconnus particulièrement un homme.

-Mina : tu sais que moi et les hommes…..Mais je ne sais pas, je ne sais pas ce petit plus qu’il a et qui fait la différence. Mais je ne tarderai pas à savoir. Lol ! Me regarde pas avec cet air de flic. Il m’a quasiment invité à diner avec lui, il se trouve qu’on est tous deux amateurs de cuisine mexicaine, il m’a aussi révélé qu’il avait son coin à lui.

-Mayriam : et là tu t’es dit qu’il voulait t’y emmener ?

-Mina : Nooooon il a juste dit qu’il n’a jamais eu le privilège de le faire découvrir à quelqu’un, mais n’a rien rajouté de plus. Je n’ai pas voulu me proposer. T’inquiète ma puce, je plaisante seulement. J’avoue que j’ai flashé sur lui, mais ça va vite me passer, et vu comme tu souffres, je me méfie encore plus des hommes. Maintenant dis moi ce qui s’est passé, raconte moi tout stp.

-Mayriam : je ne te juge pas, je ne voudrais pas que tu aies un jour à endurer tout ceci……..

Après l’épisode de la visite d’Ismael, ma famille ne cessait de me lancer des piques, après maintes tentatives pour leur faire entendre raison et qui se sont toutes soldées par un échec, je décidai de rompre avec lui. Ce fut le début de l’endoctrinement pour moi. Je les laissai diriger ma vie, m’imposer leurs choix et leurs aspirations. Je me disais que c’était peut être ce qu’il y’avait de mieux à faire, puisqu’au Sénégal, l’enfant n’avait pas réellement droit au chapitre et se devait de suivre et cautionner l’idéologie parentale sans émettre son avis, sans laisser transparaitre ce qu’il ressentait réellement.

J’avais 20 ans, j’avais réussi le concours d’entrée à une grande école de commerce et ma vie suivait son cours normal. 2 ans plus tard, j’étais en licence, mon emploi du temps tournait autour de mes cours et la maison, je n’accordai plus d’importance aux hommes que je rencontrai, trop prise pour ça. J’étais en fait juste fatiguée des remarques acerbes de ma mère et de ma tante, tous ceux que je leur présentai étaient soit trop pauvres, soit trop chétifs quand la question de la caste ne se posait pas.

Les choses essentielles comme les valeurs humaines se dépréciaient à leurs yeux et ce qui comptait c’était que je me trouve quelqu’un qui soit prêt financièrement, bien bâti et qu’il soit noble. Je leur demandai de me présenter à l’homme parfait puisque c’était évidemment ce qu’elles désiraient. Mais je ne m’attendais pas à ce qu’elles fassent un choix pour moi. Ce que je ne savais pas c’est que je me laissai manipuler inconsciemment me disant qu’elles savaient ce qu’il y’avait de mieux pour moi.

Un jour je fis la connaissance de Momar, je rentrai de l’école, il y avait front des étudiants à l’université, du coup beaucoup de bus étaient paralysés, les taxis avaient déserté cette zone. Je décidai de longer la corniche me disant qu’un peu de sport me ferait du bien. A peine dix minutes de marche, une jeep grand cherokee ralentissait à mon hauteur. Je ne pris même pas le soin de relever les yeux. J’ai toujours détesté être apostrophée de la sorte.

-Mina : oui je me rappelle bien cette fois où la vendeuse de tangana faisait tes éloges après que t’aie envoyé balader ce vieux.

-Mayriam : je crois bien que j’aurai été plus en sécurité avec ce vieux qu’avec cet homme. Malgré mon indifférence persistante, monsieur ne se décourageait pas.

- ……….je sais que vous vous méfiez surement de cet inconnu qui surgit de nulle part mais voudriez vous juste donner l’opportunité à un bon croyant de récolter une bonne action ? Je crois que vous allez vers la même direction que moi, montez je vous raccourcis le chemin.

Je crus à ses bonnes intentions, et j’acceptai non seulement qu’il me raccourcisse le trajet mais également qu’il me dépose jusque devant chez moi.

- ….. : je me nomme Momar Seydi, et vous ?

-Mayriam : Mayriam Chéhab, enchantée.

- Momar : Tout le plaisir est pour moi. Vous êtes étudiante je présume.

-Mayriam : oui

-Momar : Vous allez où exactement ?

-Mayriam : Je me contenterai volontiers que vous me déposiez juste après la prochaine intersection

-Momar : ça ne me dérange nullement de vous déposer chez vous, en plus vous me devez bien ça ! khaana sama touyaba bi do ko yakh ?

-Mayriam : soupirs ! Ok on y va alors

-Momar : ah voilà ! Et si vous me parliez de vous ?

-Mayriam : excusez moi, mais en tant que passagère je me dois de ne pas entretenir une conversation avec le conducteur, ce n’est nullement recommandé.

-Momar : belle excuse. Et vous ne souhaiteriez pas en connaitre davantage sur moi ?

-Mayriam : ……….

-Momar : vous êtes très bavarde vous.

-Mayriam : oui, on me le dit souvent. Nous y sommes presque, prenez la deuxième ruelle à votre gauche. Oui juste là c’est bon.

-Momar : Nous y sommes donc, déjà ! J’avoue que je commençai à m’habituer à votre compagnie.

-Mayriam : (pensées : et il se croit être qui ce prétentieux ?)

-Momar : Puisque vous refusiez de m’en dire plus sur vous, tenez ma carte de visite, j’espère avoir de vos nouvelles un de ces quatre.

-Mayriam : merci, au revoir

Dès le premier jour ce gars m’exaspérait malgré sa beauté, son élégance et ses manières raffinées.

-Mina : si tu te méfiais déjà de lui, comment ça se fait que vous en soyez arrivés là ?

-Mayriam : je ne comptai pas l’appeler, du moins l’idée que cela pourrait arriver ne m’avait jamais effleuré l’esprit…


Du même contributeur, Safinousta


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