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CHRONIQUE - Sur les rives du désespoir (6), par Safinousta - SEYTOO.COM
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Sur les rives du désespoir (6)

Chronique

C’était un premier échec pour moi, pour mon couple mais ça ne prouvait pas que je ne puisse pas faire de cet échec un tremplin vers la réussite.

Publié le 27 juin 2020, Safinousta

Comme on dit le destin est ce fleuve qui coule suivant une direction déjà tracée, les contrées qu’il traverse ou arrose subissent ses crues, ses décrues indéniablement, les embarcations qui l’empruntent, de bonne ou de mauvaise fortune se muent en fonction de son débit et la vitesse de son courant. Que nous l’acceptons ou que nous essayons de le contourner, nos vies sont ces contrées, leur chemin est cette direction, nous sommes ces embarcations.

Je m’en rends compte maintenant ma puce que nous ne pouvons que poser des actes, y mettre la volonté et la dose de croyance qu’il faut mais nous ne pouvons aussi qu’accepter le résultat de ces actes dont la nature nous échappe comme le disait un cher ami.

Durant le second semestre de ma 3e année, il nous fallait présenter un travail sur une entreprise du secteur des hydrocarbures. Et nous avons beau vouloir décrocher un entretien, il semblait qu’au Sénégal les gens sont quelque peu réticents quand il s’agit de fournir des données. Fortuitement je tombai sur la carte que m’avait remise Momar quand je faisais le grand ménage de ma chambre, et il se trouvait qu’il était un top manager dans une de ces entreprises. Il nous restait plus beaucoup de temps, nos demandes étaient jusque là sans réponse, alors j’ai décidé de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Je l’ai appelé et ce fut l’amorce de cette relation.

Au début il était merveilleux, à l’écoute de mes moindres désirs, toujours présent quand il fallait, il était pour moi l’épaule sur laquelle je pouvais me reposer quand j’étais perdue.

Je n’ai rien vu venir jusqu’au jour où il fit la connaissance de ma famille, il était rentré dans les bonnes grâces de cette dernière à force d’étaler ses largesses, je me disais qu’il était juste généreux et je trouvais qu’il en faisait trop mais étant donné que les gens s’adaptent en fonction de l’environnement, des attentes avouées ou perceptibles des autres, il jouait bien le jeu. Ma famille qui n’était pourtant pas pauvre, me mettait dans l’embarras à chaque fois, des éloges par ci, des compliments par là. Il amena mon oncle à la Mecque, choisit une école privée plus prestigieuse pour mes petits cousins, fournit une clientèle plus élargie à ma mère qui tenait un salon de couture, ma tante quant à elle ne se plaignait guère des liasses qu’il lui distribuait et j’en passe…

Pourquoi les gens sont si matérialistes de nos jours, pourquoi n’apprennent t-ils pas à se suffire de ce que le bon Dieu leur confie comme richesse ; quand la question du « sauveur » de celui qui va nous sortir des conditions de vie précaires ne se posent pas c’est celle de «l’égal », de celui qui fait partie de notre rang, de notre niveau social qui se pose.

Je croyais à ses belles intentions, à ces promesses qui tenaient sur une tige de paille, il décida de m’épouser le surlendemain même de ma remise de diplôme. Il actionnait les leviers qu’il voulait, je subissais sans broncher.
Et tu sais que ce n’était guère sa situation qui m’intéressait, ce qui me poussait vers lui était cet impression que j’avais qu’il pouvait assurer ma sécurité, qu’il serait là pour moi, ces fausses qualités qu’il s’était inventées. Je commençai, même si c’était dans une moindre mesure à l’apprécier, à m’habituer à lui. Je ne me suis jamais demandé si au fond j’aimais cet homme.

Tout se déroula si vite, 7 mois après notre rencontre, je me retrouvai dans sa grande villa, en tant qu’épouse en tant que partenaire de vie, c’est ce que je pensai. La cérémonie se fit avec faste, tout le monde semblait heureux, satisfait que j’aie fait ce choix, je me convainquais que j’allai enfin goûter au bonheur conjugal.

Il avait réservé une suite dans un hôtel 4 étoiles, je rêvassai déjà des nuits auxquelles j’allais goûter, la première fut amère. Il y’avait quelque chose dans son regard qui avait changé, il ne prenait même plus la peine de faire semblant, les rideaux étaient baissés, monsieur dévoilait sa vraie face.

-Mayriam : chéri suis vraiment lasse, trop d’émotions en une journée.
-Momar : ah oui ?! ben va falloir te revitaliser, nous avons une longue nuit devant nous.
-Mayriam : je sais que tu attends depuis, mais tu sais on en avait parlé, et tu disais que t’allais être compréhensif et que nous allions nous donner le temps qu’il faut.
-Momar : à la minute où tu as donné ton accord, où tu as signé cet acte t’as perdu tes droits sur ta personne. Écoute moi bien maintenant, tu es à moi et retiens bien ceci : je suis celui qui décide ici de ce que nous ferons ou non.
-Mayriam : qu’est ce qui t’arrive ? tu ne te sens pas bien ? c’est bien toi Momar ?
-Momar : trêve de jacasseries inutiles, va te préparer je t’attends

Je m’exécutai sans broncher, j’avais fait ma toilette, j’étais à présent sur ce lit avec cet homme qui pour moi, était devenu un parfait inconnu. Il n’y avait pas d’éclat, pas de tendresse, rien puce, c’était affreux, je me débattais. Il fit appeler deux groom qui me tenaient et me laissaient à sa merci. Je t’épargne les détails. Je ne ressentais que du dégoût.

-Mina : quoi ?! Il t’a violé. Mais c’est un monstre ce type, comment a t-il pu exposer votre intimité de la sorte ? Et pourquoi tu n’as pas tout arrêté à cet instant même ?
-Mayriam : je n’osai pas en parler, et puis à qui allais-je en parler, ma famille m’aurait surement dit que c’est mon mari et que je me devais de lui obéir.

C’était un premier échec pour moi, pour mon couple mais ça ne prouvait pas que je ne puisse pas faire de cet échec un tremplin vers la réussite.

Vous auriez fait quoi à sa place ? Cet homme méritait-il une seconde chance ?


Du même contributeur, Safinousta


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