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CHRONIQUE - Sur les rives du désespoir (7), par Safinousta - SEYTOO.COM

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Sur les rives du désespoir (7)

Chronique

Les jours passaient, leur couple survivait malgré tout, les efforts de Mayriam payaient. L’espoir renaissait.

Publié le 30 juin 2020, Safinousta

Le premier épisode, et qui ne fut pas des inoubliables, d’une série classée catégorie épouvante (pour moi) était passé.

Mayriam œuvrait à ce que son ménage rebondisse, après tout elle était maintenant liée à cet homme pour la vie, le rôle de la maitresse de maison capable de surmonter les assauts du démon qui habitait son mari lui était dévolu. Peut être un jour, réussirait-elle à plonger ce monstre dans un sommeil profond afin de libérer l’ange qui l’avait séduit aux premiers jours.

Les jours passaient, leur couple survivait malgré tout, les efforts de Mayriam payaient. L’espoir renaissait.

Quelques mois après Momar décida qu’ils allaient s’installer chez sa mère (leur maison qu’il avait achetée 5 ans auparavant se situait dans la lointaine banlieue dakaroise) car il ne pouvait plus supporter les longs trajets quotidiens avec ses durs horaires. En vérité cette décision était plus motivée par les requêtes incessantes de sa maman mère Sally qui disait qu’elle se sentait trop seule dans sa grande maison, son unique fille venait de prendre le large pour 3 ans au moins, elle continuait ses études de droit à Paris.

Au début sa belle mère semblait vraiment l’apprécier, Mayriam se sentait en confiance avec elle, elle lui disait tout, lui confiait toutes ces joies, tous ces soucis conjugaux. Elle avait cependant entendu dire que maman Sally avait toujours voulu qu’une des filles de sa meilleure amie prénommée Anna soit la moitié de son Momar mais s’en est vite persuadée que c’était juste des rumeurs, l’affection que lui témoignait sa belle mère suffisait à dissiper tous ses doutes.

Mais cette complicité ne fit pas long feu.

3 ans s’étaient écoulés, Mayriam se sentait de plus en plus étrangère dans sa maison, elle allait de médecin à médecin, de tradipraticien à tradipraticien.
Elle subissait des traitements de toutes sortes, quand l’un ne marchait pas, elle s’en remettait toujours à Dieu et se disait que le prochain irait. Ses projets professionnels étaient rangés aux oubliettes, elle voulait se consacrer sur ce que lui semblait être essentiel maintenant, donner un enfant à son époux. D’autant plus que Momar lui avait déconseillé de songer à travailler au tout début de leur mariage, ses promesses de la laisser bâtir une carrière solide s’étaient envolées comme une trainée de fumée.

Ce dernier se montrait très attaché à sa femme et prenait soin d’elle, du moins d’après le jugement des gens, de sa famille, de sa belle famille, bref de son entourage.

Elle ne manquait de rien, elle arborait les plus beaux tissus, les derniers modèles parus chez Lifa magazine ou même Miss ébène, elle s’habillait tendance et chic, elle venait en aide à sa famille. On l’enviait même sans savoir ce qu’elle vivait réellement.

En réalité elle prenait soin de sa personne pour les yeux de son mari, mais ce dernier appréciait à peine toutes ses attentions, il l’écoutait à peine, il était la plupart du temps pendu à son téléphone quand il n’était pas devant sa machine de travail ou absent pour des raisons professionnelles diverses. Mayriam se demandait même si ces absences répétées étaient juste dues aux besoins de son travail. Mais elle positivait, du moment qu’elle ne l’a jamais surpris faire ou dire quelque chose de gauche jusqu’au jour où le médecin leur avait révélé que le taux de fécondité de Mayriam était très bas et qu’il leur fallait fournir beaucoup d’effort et de persévérance pour y arriver encore. Je dis, encore parce que c’est suite à une fausse couche de Mayriam que ce diagnostic leur a été révélé.

Ce fut le début des hostilités, entre son mari qui lui reprochait d’être une incapable et qui ne se gênait plus pour montrer son infidélité et sa belle mère qui la traitait de femme stérile.

Et oui ! La soi-disant entente belle-mère, belle fille ne repose que sur des conditions précises.

C’est dur à avaler mais c’est la triste réalité de nos sociétés. Soit l’épouse parfaite, parfaite en passant rime avec distribution permanente de cadeaux à la belle famille, faire des enfants avec le sexe qu’il faut. Si Dieu te donne la chance de pouvoir en avoir, demande lui également de ne pas te donner que des filles ou que des garçons. Sinon dans les deux cas, la « goro », la « ndieuké » ou même les esprits les plus « bouchés » te serviront à chaque nouvelle naissance le refrain : «ah lou mou amati jigeen » ou « ah lou mou amati goor ». Soit tout simplement la femme idéale non pas pour ton mari, mais pour eux !!!

-Mayriam : ma chère Mina, tu ne peux pas imaginer tout ce qu’ils m’ont fait subir. Des sms coquins ouverts que je ne pouvais s’empêcher de lire en rangeant le bureau de Momar ou même en faisant notre lit au réveil, car il laissait trainer son portable où il voulait, aux emails échangés avec ses conquêtes, il se donnait également le plaisir de laisser sa boite de messagerie ouverte.

Je me disais qu’il voulait peut être que je déguerpisse, que je sorte de sa vie. Mais n’était ce pas plus facile qu’il me le dise ouvertement ? Je me disais que je me devais de lutter, car le mariage n’est pas une farce, c’est un engagement sérieux entre deux personnes responsables, donc je me devais de rester pas pour lui mais pour mon honneur. Il pouvait faire ce que lui chantait, je remplirai mon rôle d’épouse comme il faut.

J’étais seule dans ce combat, mes alliés d’antan étaient devenus mes adversaires. Maman Sally ne daignait même plus répondre à mes salutations, ce que je préparai elle y touchait à peine. Elle créait des problèmes là où il y’en avait pas. Pour le linge elle disait que vu que la mission pour laquelle j’étais là je ne pouvait la remplir, pourquoi Momar me traiterait-il comme une reine que je ne suis pas, elle fit tout pour que la lingère nous quitte.

-Mina : toi, et ton drépano, ta maman n’a même jamais voulu que tu laves tes propres habits !

-Mayriam : grâce à elle, je m’y suis mise. S’il n’y avait que ça, ma belle sœur était revenue en vacances et elle aussi s’était liguée contre moi et supportait avec ferveur sa mère dans ses projets de faire d’Anna, et qui de surcroit était sa meilleure amie, la seconde femme de son frère.

Elles ne tardèrent pas à mettre Momar dans les filets de cette fille. Elle exigea à Momar un appartement, la princesse avait son travail et ne pouvait rester à la maison pour s’occuper d’une belle mère. Et dire, que c’est bien Maman Sally qui la favorisait. Mon mari restait 2 jours sur 7 à la maison. Polygamie et impartialité ne se conjuguent pas au même temps chez certains malgré les textes précis qui la régissent.

A peine 2 mois de mariage, ma coépouse attendait déjà un bébé, l’échographie révélait un peu plus tard qu’un garçon allait bientôt faire partie de la famille. Maman Sally était aux anges, Momar lui, n’en parlons même pas.

Après 6 mois de traitement sans succès, j’ai décidé de me tourner que vers la médecine moderne, j’étais devenue fidèle à un seul médecin, parmi tous ceux qui m’avaient consulté, il était le seul qui était vraiment optimiste et à 100% avec moi. Ses conseils me faisaient du bien, il me demandait toujours de ne pas me stresser inutilement à cause des autres, il me demandait d’être la maitresse de mes émotions, que je ne devais en aucun cas me focaliser sur les tors que me faisaient subir les gens de mon entourage mais sur ce qui pouvait réellement m’aider à atteindre mon objectif.

Et dans ce combat, maman a toujours été là pour m’épauler malgré sa maladie. Elle se culpabilisait de ne pas m’avoir laissé le temps de faire mon propre choix, de faire le bon choix elle disait toujours que tout ça était de leur faute à elles, tante Racky et elle avaient tout fait pour que je sois l’épouse de cet homme. Elles disaient que la cupidité de certains parents empoisonnait le bonheur de leurs enfants.

C’est ainsi que je réussi à tomber enceinte 2 mois après. Et cette nouvelle l’avait soulagé, j’espérai même à un moment donné qu’elle allait s’en sortir.

-Mina : maman m’avait dit pour elle, c’est triste la vie.

-Mayriam : oui, elle nous quitta le lendemain de mon accouchement. Je me souviens encore de ces derniers mots……….

« Ne laisse personne rendre amère ta vie, la vie est un présent, à chacun sa mission sur terre, le bon Dieu nous a donné cette opportunité de vivre pour la remplir, c’est à toi de remplir les pages de ton propre livre, à toi de faire en sorte d’apprécier les bienfaits de cet univers afin qu’à la fin tu puisses refermer l’ultime chapitre de ta vie dans la joie et la plénitude que tu t’aurais transmises et que tu aurais transmises aux autres. »

Au début un désert affectueux m’entourait. Mais Asta était là. Malgré tout le mal que Momar m’a fait, je lui serai toujours reconnaissant d’avoir donné le nom de ma mère à notre fille. Ma tante Racky elle, venait à peine me rendre visite, mon oncle était même plus assidu chez moi qu’elle. Pour une nouvelle maman, je me rendais compte du rôle essentiel que jouait une mère dans de telles circonstances mais Alhamdoulilah je me débrouillai tant bien que mal.

-Mina : oui c’est dommage, tu ne connais ceux qui tiennent à toi réellement que dans les difficultés de la vie (Mina disait ces mots, les larmes aux yeux), je suis vraiment désolée, navrée que tu aies vécu seule tout ceci.

-Mayriam : calme toi ma belle, dis toi que toute chose qui arrive n’est pas fortuite. Cette expérience m’a vraiment forgé et je suis reconnaissante pour tout ce que j’ai aujourd’hui.

-Mina : Mais après l’arrivée de Asta, ta belle famille adoptait toujours la même posture ?

Croyez vous qu’ils aient changé d’attitude envers elle ?


Du même contributeur, Safinousta


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