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CONFIDENCE - Qui aurait cru que des parents pouvaient être pareils avec leur propre fille ?, par Viviane - SEYTOO.COM
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Qui aurait cru que des parents pouvaient être pareils avec leur propre fille ?

Confidence

Je n'ai osé en parler à personne jusqu'à l'âge de 26 ans. Elle me faisait aussi promettre de n'avoir jamais de secret pour elle, même lorsque je serai grande.

Publié le 06 mars 2020, Viviane

« Bonjour à tous, j'ai 27 ans et je suis en thérapie depuis plusieurs années pour régler des problèmes de mémoire. En effet, je cherchais l'origine de ma souffrance et n'ayant pas été victime d’un viol, je me heurtais à un problème de qualification. J'ai beaucoup de mal à parler de tout mon vécu. Je me heurte à un visage et j'ai terriblement honte de mon histoire. Je veux aussi témoigner pour trouver un peu de réconfort et partager ma douleur avec vous.

Je suis née dans une famille catholique très pratiquante d'un père ouvrier et d'une mère au foyer. Je suis l'aînée de 4 enfants : la préférée incontestablement et pourtant la seule à avoir vécu l'humiliation constante. Mon père ouvrier travaillait souvent la nuit et de ce fait, je dormais une grande partie du temps avec ma mère. Durant ces nuits, elle me racontait des histoires. Elle me parlait de sodomie (des microbes qui passent de l'anus vers le vagin). Elle me parlait des gens qui couchent avec des animaux. Elle me racontait comment font les « pédés » (c'est son expression). Elle me racontait que des hommes mariés de 40 ans tètent leur mère. Elle me racontait que des gens vivent une semaine dans leur baignoire et aiment jouer avec leurs excréments. Elle me racontait que des gens restent coincés en baisant. J'ai terriblement honte de raconter cela et je précise que j'étais à l'école primaire à cette époque. Je n'ai osé en parler à personne jusqu'à l'âge de 26 ans. Elle me faisait aussi promettre de n'avoir jamais de secret pour elle, même lorsque je serai grande.

Entrée en puberté, elle était toujours dans la salle de bain avec moi, elle était assise et exigeait que je me déshabille devant elle. Elle se moquait de moi car je cachais mon sexe avec une main et ma poitrine naissante avec l'autre. Elle disait que j'étais ridicule. Une fois dans le bain, elle me frappait violemment le dos car je ne me tenais pas droite (je me courbais pour cacher au mieux pas nudité) puis elle me lavait car au collège je n'étais pas capable de le faire toute seule... Une nuit elle est venue dans ma chambre et elle a dit : « t'as déjà des cheveux au pipi ? ». J'ai répondu que oui et elle a dit : « montre-moi ton pipi. ». Et comme je ne voulais pas, elle a hurlé de plus en plus fort en disant « ce n’est pas normal ! Ce n’est pas normal ! ». Elle hurlait si fort que je ne savais plus par quel compromis, j'ai enlevé ma chemise pour lui montrer ma poitrine naissante. Elle s'est allongée à mon côté et elle m'a tâtée de longues minutes avec ses mains. Malgré mon malaise, je me disais que c'était moins pire que de lui montrer mon sexe. Quand elle eut fini de me tâter, je me souviens très bien qu'elle a dit : « si je t'avais obligée régulièrement à me montrer ton pipi, tu me le montrerai encore ! J'aurais dû t'obliger régulièrement ! ». Durant toute mon enfance, elle me traitait de salope et de conasse lorsque j'osais jouer avec quelqu'un d'autre que mes frère et sœurs. Même avec ma cousine, je n'avais pas le droit de jouer, je n'avais pas le droit de m'ouvrir hors du clan familial.

Lorsque j'étais au collège, elle me disait des phrases du style : « celui-là, je suis sûre qu'il a déjà couché avec son chien », ou encore : « j'aime bien les imaginer au lit. Je me demande qui dit à l'autre quoi faire, qui décide et qui obéit », ou encore : « les deux là, je suis sûre qu'ils couchent ensemble ». Elle me disait qu'elle voulait prendre un amant (un jeune). Elle me disait que je devais coucher avec un ingénieur, quelqu'un qui a de l'argent car elle disait que mon père ne gagnait pas beaucoup d'argent. Même lorsque j'étais en fac, elle continuait à me traiter de salope pour un oui ou pour un non, lorsque je ne finissais pas mon assiette par exemple. Je précise que jusqu'à l'âge de 20 ans, je n'ai jamais acheté de vêtements. Je récupérais des habits qu’on m’offrait (sous-vêtements compris). J'étais sans amis, complètement fermée, je n'avais pas le droit de lire le soir alors que j'étais étudiante en lettres. Elle exigeait de savoir ce que j'avais mangé à midi, elle voulait savoir à quelle heure je dormais. Tout cela pour « ma santé » dit-elle, alors que ma santé mentale elle ne s'en a jamais trop préoccupée.

Quant à mon père, dès l'école primaire, il me parlait de ses fantasmes sexuels. Il faisait des commentaires sur toutes les femmes qui passaient (lorsque j'étais seule avec lui uniquement). Il me disait qu'il avait envie de baiser toute la journée, c'est son expression. Il voulait baiser les femmes dans les magasins, celles qui passent à la télé, mes tantes (ma mère avait quatre sœurs plus jeunes qu'elle) et ce qui me fait le plus honte : mes camarades de classe âgées de 11 ans. Je pense particulièrement à une fille que mes parents m'obligeaient à inviter à la maison. Mon père m'obligeait à lui écrire une carte en vacances, une carte qu'il signait de son prénom. Il me parlait de cette fille à longueur de journée. Il voulait la « niquer », lui mettre un préservatif dans son sac. Lorsqu'elle était malade, il me demandait si elle avait sorti le « drapeau rouge », allusion aux règles qui exercent sur lui une réelle fascination.

A ce sujet, lorsque j'ai eu mes règles à 11 ans, j'ai demandé à ma mère de ne rien dire. Bien sûr, il a été rapidement au courant. C'est lui qui m'a montré des photos d'ovaires dans une encyclopédie. J'avais terriblement honte à cette époque. Il a accroché un calendrier dans le salon en inscrivant lui même le jour de mes règles en disant à table « tu vas bientôt les avoir ». Toujours à table, devant tout le monde, il disait en riant « X est en âge de procréer » et ça le faisait bien rire mais à 11 ans ce n'est pas marrant. Je précise que ma mère était présente et qu'elle ne disait rien. Il me parlait souvent de ma tante qu'il avait envie de « niquer ». Il me disait qu'elle était une « poupée toute neuve » (pas comme ma mère), que son mari ne savait pas quand elle les avait, alors que normalement « le bonhomme le sait ». Il me disait que son mari n'arrivait pas à niquer et il disait « moi je roule tout là-bas ». J'étais au collège.

A cette même époque, je craignais les vacances, le fait de me trouver affalée sur la plage au soleil. Mon père, fasciné par les seins nus sur la plage, me faisait des commentaires sur les bonnes femmes. Il me disait que moi, je n'avais pas le courage d'enlever mon soutien-gorge comme les autres ! Comme je ne voulais pas aller à la plage, il me disait que j'avais peur que des poils dépassent de mon maillot. L'allusion fréquente aux poils c'était devant ma mère. J'étais obligée d'aller à la plage, c'était un véritable calvaire. Oui à 11 ans, j'avais honte d'avoir des poils et je n'avais pas le droit de m'épiler les jambes jusqu'en terminale à 17 ans. (Ma petite sœur a eu le droit dès le cm2 et elle avait le droit de s'enfermer à clé dans la salle de bains sans que ça gêne personne).

Jusqu'à 20 ans, ça a continué comme ça (je suis partie à 20 ans vivre en campus universitaire). Il faisait des gestes obscènes destinés aux présentatrices de la météo à la télé, il me traitait de salope... Si je n'étais pas assez souriante, il me disait « t'as de la merde dans le ventre, on dirait que t'as pas chié depuis une semaine » ce genre de propos devant ma mère qui ne réagissait pas mais on dit bien « qui se rassemble s'assemble ». Quant à elle, elle voulait toujours prendre un amant. Elle disait qu'elle aurait été bien avec intellectuel, un homme en costume-cravate (son grand fantasme). Heureusement que ces gens vont prier toutes les semaines car je n’ose pas imaginer leur élévation spirituelle sans religion...

La pudeur, je ne sais pas ce que c'est. Mes parents ne fermaient jamais la porte lorsqu'ils allaient aux toilettes. Moi, dès l'école primaire ça ma gênait et ça les faisait rire. J'ai eu la grosse bite de mon père dans la gueule tous les soirs lorsqu'il bordait mon frère dans le lit superposé au dessus du mien. Nous avions 2 serviettes pour toute la famille (6 personnes) : une pour le visage et une pour le bas. Mon père se servait de ma brosse à dents. Nous gardions la même eau du bain pour les 4 enfants à tour de rôle. Bien sûr, lorsqu'il y avait des invités ce n’était pas pareil. Voix douce, porte fermée, petites manières... Un jour, cette fille est venue à la maison avec sa grande sœur (que mon père voulait baiser aussi car il est vrai qu'elle n'avait pas « un gramme de graisse » comme il disait), choquée par l'attitude de mes parents j'ai fait la tête. Lorsqu'elles sont parties ma mère a hurlé et a dit que j'étais jalouse des invitées, que je ne méritais pas de vivre en France, que j'aurais dû vivre dans un pays sous-développé. Mes parents étaient extrêmement furieux et moi je ne comprenais pas ce manque d'intégrité des adultes. Pourquoi 2 visages ? Les propres enfants ne méritent-ils pas le respect ?

Ce témoignage est plus long que prévu, je ne pourrais donc pas vous parler d'un homme rencontré à l'âge de 15 ans, qui m'a rendu la vie supportable. Il m'a appelée par mon prénom et il m'a respectée. je l'ai perdu aujourd'hui car je lui ai renvoyé toute ma violence. J'ai tout gâché. Grâce à lui, j'exerce une profession liée à l'enfance et je vis entourée de livres dans une solitude choisie et heureuse. Je sais accorder un respect infini aux enfants malgré la haine qui m'habite. J’ai très mal au fonds de moi mais ce site m'aide à aller mieux.

Je ne sais pas ce qu'est la maltraitance car j'ai toujours eu à manger, j'allais chez le médecin lorsque j'étais malade. La mémoire c'est complexe, j'avais oublié tout cela jusqu'à l'âge de 26 ans et j'espère retrouver en thérapie mes capacités créatrices. Je vous remercie d'avoir lu mon témoignage. J'ai décidé de ne pas pardonner à mes bourreaux. Que peuvent comprendre des pervers ? Ma mère dit qu'il y a des problèmes dans toutes les familles, elle dit que je n'ai qu'à faire mes preuves avant de critiquer, elle dit que les dérapages sont normaux dans le milieu ouvrier, elle dit que je donne de l'importance à des choses qui n'en ont pas, elle dit que c'est des bêtises, elle dit que ce n'est pas parce qu'on dit quelque chose qu'on le pense forcément, elle dit que je n'ai pas de projet dans la vie...

Je suis donc orpheline, je ne veux pas de famille. J'aime cette petite fille humiliée victime de la perversité des adultes. J'ai parfois lu que l'inceste est un excès d'amour. Non, c'est un manque de respect absolu. C'est croire que l'enfant nous appartient et qu'on peut exercer un pouvoir sur lui. Les enfants n'appartiennent pas à leurs parents. Ils sont les enfants de la vie, ils sont des êtres libres qui ont droit au respect.

Merci à vous... »


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