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OPINION - Entre confréries et écoles doctrinales, par Ahmed Khalifa Niasse - SEYTOO.COM
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Entre confréries et écoles doctrinales

Opinion

La seule fois où le sourire avait quitté son visage radieux, Dieu le rappela à l’ordre par la sourate du renfrogné (abbasa).

Publié le 21 avril 2020, Ahmed Khalifa Niasse

Pour bien comprendre mon propos, je vais devoir vous prier de m’excuser de mettre certains points sur certains i. Pour ce faire il y a lieu de retenir les dates suivantes :

- 570_571 : Naissance du Prophète (p s l)
- 610 : Débuts du Coran et des Hadiths
- 08 juin 632 : Fin Du Coran et des Hadiths
- 810 : Codification des hadiths. La même période allait consacrer la fondation du rite Malikite ainsi que des trois autres rites ou doctrine sunnites.
- 1111 : Fondation de la première confrérie, celle de la Qâdiriyyah, par Abdel Qâdir al-Jîlâni

Toutes les autres confréries apparues par la suite sont des branches ou des ramifications de cette confrérie.

Si l’on remonte au 13 premières années de la religion musulmane nous constatons qu’il n’y eut point de législation. Le Coran Mecquois était proche des Evangiles, un simple message spirituel venu réguler une société en crise vivant mal le passage d’une tradition bédouine à une civilisation urbaine et les transformations socio-économiques qui lui étaient inhérentes.

Ce n’est qu’à Médine où le Prophète était en même temps Chef d’Etat, que le Coran commença à légiférer, notamment sur le mariage, l’héritage ainsi que sur les taxes (Zakat, TVA, droit de douane…..)

Le 2nd Khalife, Omar, inaugure par des balbutiements ses premières lois. C’était entre 634 et 640. Mais il a fallu attendre le début du 9esiècle pour voir l’Imam de la Mosquée du Prophète à Médine, produire des lois sur la base du Coran, des hadiths et des pratiques du Prophète. Le rite malikite était, ainsi, né.

Quant aux confréries, elles ont attendu le début du 12esiècle pour qu’Abdul Qadr Jeylani, né en Iran en 1077 dans un bourg de la mer caspienne qui s’appelle Jeylan, fonde un groupe d’incantations collectives à Bagdad. La première confrérie était née. Et, ce, concomitamment avec un autre grand saint, Ahmed Al Rifaï. Dès leur disparition naquit à Fez, au Maroc, en 1200, Said Ahmed Al Badaoui. Mais la confrérie qu’il fonda était née à Tanta dans le delta du Nil en Egypte. Pays où celui qui ferme le quartet allait connaitre un grand succès. Il s’agit d’Ibrahim Dassouqui. Il fut le premier à célébrer un Maouloud(Gamou) fêté en veillée collective.

Quant à la Tidjânya, elle n’a eu son expansion qu’au début du 19esiècle. Après la naissance de son fondateur (Ahmed Ben Sâlim était né en 1737 en Algérie). Qu’il ait rejoint Fez, au Maroc, où le Sultan d’alors, Moulây Sulaymân, ancêtre de l’actuel Roi, devint un adepte de la confrérie. Le Cheikh y est décédé en 1815. Son mausolée s’y trouve et fait du Maroc un lieu privilégié de ressourcement spirituel pour des millions de fifèles à travers les cinq continents.

C’est l’étroitesse et la rigueur de la charia qui a mis en exergue les saints qui sont par description des « dévotionnistes », contemplateurs et surtout des « concentrationnistes ». Plusieurs parmi eux étaient des ascètes. Et leur histoire ressemble, à bien des égards, aux descriptions de Buddha. D’ailleurs, nombreux sont les mystiques dont les pratiques étaient condamnées par les tenants des doctrines des différentes écoles juridiques. Toutefois ils finissent par se scinder en deux. Les « contemplationnistes », partisans de l’unicité absolue, dont celui qui s’est e plus distingué fut Mansûr Al Hallâj qui fut crucifié et mutilé à cause de son cri : « il n’est de contenu dans l‘habit que Dieu ». C’est à lui que Louis Massignon a consacré ses recherches sa vie durant. Ce fut à Bagdad aussi, en 922, c'est-à-dire au début du 10 e siècle.

Si les confréries ont survécu, c’est grâce à l’Imam Al Jounaïd qui appartient à la deuxième vague des fondateurs de confréries. Il fut le modérateur des zélés du soufisme. C’est ainsi qu’il introduisit le Salikisme, c'est-à-dire un suivisme positif de la sunna, du codex de la Charia.

Ainsi Abdel Qâdir al-Jîlâni était de rite Hanbalite, c'est-à-dire qu’il appartenait à la même doctrine que les Wahhabites, qui, du reste, le magnifient, contrairement aux autres confréries. Alors que les adeptes de la Qâdiriyya en l’Afrique de l’ouest et du Nord-Ouest, eux, sont Malikites. Comme, d’ailleurs, c’est le cas des Tidjanes.

Autant dire que les confréries ne constituent pas, en elles-mêmes, des entités dogmatiques. Et ne sont pas productrices de code. Elles se contentent de se conformer à l’une des quatre doctrines dominantes chez les sunnites.
A partir de ce qui vient d’être dit, il n’est pas dans les compétences originelles des confréries mystiques de donner des ordres quant au jeûne et autres pratiques cultuelles prédéfinies par le dogme islamique des origines.

En effet, le Prophète (psl) lui-même n’a pas eu à le faire. Le verset 183 de la sourate 2 précise que « le jeûne vous a été prescrit comme il le fut déjà concernant ceux qui vous ont précédé ». Autant dire qu’il n’a pas eu à dire : « jeunez »

Dans nos confréries, et auxquelles j’appartiens, une autocritique serait la bienvenue, en ce sens que l’égocentrisme y joue un rôle indu. Sans parler de tendance de ghettoïsation mutuelle. Des dérives dans le sens du libertinage paraissent çà et là. Surtout parmi les analphabètes et les semi analphabètes enturbannés. Le Prophète (psl) qui doit nous servir d’exemple était chaleureux à l’endroit de ses visiteurs. Et toujours souriant. La seule fois où le sourire avait quitté son visage radieux, Dieu le rappela à l’ordre par la sourate du renfrogné (abbasa).

N’avons-nous pas le droit de retrouver des chefs confrériques d’abord facile ? Sans protocole démesuré, ni garde rapprochée les isolant de la société qu’ils se devaient de réguler et de conseiller dans le sens de la nacîha ? Qui peuvent fréquenter, comme tout un chacun, les marchés et les loumas ? Rappeler à tous qu’entre Dieu et ses créateurs il n’y a point de place pour les intercesseurs. Nous sommes tous des mortels.

Nos confréries veulent centraliser l’Islam autour de leur cité (Touba, Kaolack, Tivaouane …). Et à mettre au pas leurs ouailles à l’unisson. Tout en se faisant réfractaire à la cité des cités de l‘Islam. Et c’est là que se trouve le paradoxe.

Ils sont tout simplement entrain de scier la branche sur laquelle ils sont assis.


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