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OPINION - Il n’y a pas plus Camerounais qu’un Sénégalais, par Florian Ngimbis - SEYTOO.COM
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Il n’y a pas plus Camerounais qu’un Sénégalais

Opinion

Je ne les déteste pas mes amis sénégalais. Je vais même les regretter, car, leurs échoppes sont en train de disparaître peu à peu. La rentabilité baisse à cause des Rwandais et des chinois.

Publié le 05 avril 2020, Florian Ngimbis

Hier soir, j’ai dîné avec un copain qui a été expulsé il ya peu de Guinée Equatoriale. Ayant appris que le pays de sa majesté Obiang était devenu une vraie piscine d’or noir, mon copain a cru bon aller y démontrer ses talents d’entrepreneur. Cinq années de labeur durant lesquelles il a investi, monté un supermarché de taille respectable, produit de l’emploi et c’est seulement quand l’affaitre est devenue rentable que les Equatoguinéens se sont souvenu que ses papiers n’étaient soi-disant pas en règle, que son titre de séjour ne l’autorisait pas à investir au delà d’un certain montant, qu’il n’était pas autorisé à construire un bâtiment de plus d’un étage etc. Autant de prétextes fallacieux qui avaient pour finalité la saisie de ses biens et son expulsion.

Moi j’ai rigolé hein? Pas parce que je ne compatissais pas, mais juste par ce que je ne sais pas pleurer. J’ai rigolé quand je l’ai écouté me raconter la psychose perpétuelle dans laquelle vivent les subsahariens étrangers dans le pays d’Obiang Nguéma. Harcèlement policier, contrôles abusifs, xénophobie à peine voilée, bref, si les droits de l’homme existent en Guinée Equatoriale, ils ne concernent pas les camerounais. Et pourtant, Il faut voir comment nous accueillons et vivons avec les « Etrangers » dans ce pays.

Prenons les Sénégalais.

Pour le camerounais moyen, le mot sénégalais ne signifie en rien « étranger », ça sonne plutôt comme « boutiquier », « épicier » ou encore « débrouillard ». Etre sénégalais est un métier. Epiciers, ils le sont tous, ou presque. je ne sais vraiment pas si c’est génétique ou sociologique, mais c’est comme ça.

Leurs boutiques se ressemblent comme deux motos chinoises. Miniscules, surchargées, obscures, sales. De vrais trous à merde dans lesquels le produit roi est le pain. Pain+pâte chocolatée (10% de chocolat, 90% d’huile d’arachide), pain+pâté d’abbats (eux-mêmes n’y touchent pas); Pain+beurre (de la margarine de bas étage au goût indéfinissable); pain+mayonnaise (je préfère ne rien dire ); pain+saucisson (de savoir que le saucisson est made in Dubaï, qui est en réalité Ganghzou devrait édifier chacun sur sa qualité). Je ne vais pas pas citer toutes les horreurs que ces gens nous vendent, on n’a pas toute la nuit.

Néanmoins, le sénégalais est un homme important dans la société. Important parce qu’il a compris que les camerounais sont dans leur majorité des crève-la-faim. Alors il adapte la qualité de ses produits à sa clientèle et dispose d’un échéancier de paiement d’une flexibilité imbattable. Chez le sénégalais on achète tout ou presque à crédit: le tapioca parfumé aux crottes de souris, les galettes de farine moisies, les tampons hygiéniques de madame, les rasoirs chinois de Monsieur, les sandales en plastique compensé des gosses, tout paiement peut être différé, à condition d’avoir son nom écrit dans le Saint des Saints, le registre virtuel (parfois il ne sait pas écrire) des crédits . Les paiements en nature sont acceptés. Les habitués des échoppes « sénégalaises » savent très bien que les plus gros crédits sont octroyés aux femmes. Monsieur, fonctionnaire de son état, sentant très souvent le vide dans ses poches aux encablures du 15 du mois, commence une valse de prêts de petites taille qui mis bout à bout se révèleront de taille respectable. Le fer de lance destiné à vaincre la réticence (en est ce vraiment?) du sénégalais est… l’épouse.

« Bonjour Alhadji, Madame viendra prendre deux kilos de riz », « Alhadji donne moi cinq cents francs là, ma femme va monter te rembourser ». « Alhadji », sans sourciller obéit. crédulité? que non, il ne fait que s’octroyer un droit de cuissage que bientôt le couple criblé de dettes ne pourra plus lui retirer. Ceci explique pourquoi l’absence de leurs femmes gardiennes du foyer, loin au pays, ne se fait pas sentir malgré les années.

Je ne comprendrai jamais pourquoi personne ne songe à contrôler de façon effective la qualité de la bouffe servie dans ces bouis-bouis. J’ai parfois envie de vomir en regardant un vendeur caresser amoureusement le pain qu’ils va vous servir alors que quelques minutes plus tôt, les mêmes mains étaient humides du service qu’elles venaient d’effectuer dans les toilettes adjacentes. Faut-il rappeler qu’on ne connaît aucune relation d’amitié entre les épiciers sénégalais et le savon, encore moins le papier hygiénique? Il y a déjà leur sacro-sainte gargoulette pleine d’eau, mais bon…

Il ne faut pas croire que la prospérité n’est pas au rendez-vous hein? Même s’ils logent à cinq dans un espace microscopique, même s’ils font une rotation de vêtements, nos amis sénégalais sont d’excellents épargnants et il n’est pas rare qu’après quelques années de travail vous trouviez un visage étranger en lieu et place de votre boutiquier attitré.

Mais il est où Yaya?
Yaya parti France
France?
Oui crémon Féran
Toi tu es…
Moi être Petit Yaya
Et ainsi de suite, viendra Gros Yaya, Méchant Yaya, Yaya le sale, etc. Une suite dynastique en somme. Et dire qu’ils en veulent aux Wade…

On pourrait me demander pourquoi les équatoguinéens m’énervent et je m’acharne sur les sénégalais. Qu’on se comprenne hein? » Sénégalais » n’est plus une nationalité par ici, mais plutôt un terme générique. Les épiciers maliens sont des sénégalais, les cordonniers guinéens sont des sénégalais, les vendeurs nigériens de soya , cette délicieuse viande rôtie sont des sénégalais, et même les enfants nés dans certains couples criblés de dettes sont des sénégalais. Il n’y a que les nigérians vendeurs de pièces détachées chinoises que l’on ne traite pas de sénégalais. Ils n’en ont ni l’accent, ni le teint. Trop multicolores à cause de leurs blanchiments de peau ratés.

Je ne les déteste pas mes amis sénégalais. Je vais même les regretter, car, leurs échoppes sont en train de disparaître peu à peu. La rentabilité baisse à cause des Rwandais et des chinois. Deux autres races de redoutables commerçants qui ne font pas crédit, qui ne sourient pas beaucoup, qui ne jouent pas à la bête à deux dos avec les femmes des clients, mais qui baissent dangereusement les prix de produits encore plus pourris, encore moins contrôlés mais tout autant prisés par les camerounais, cantonnés dans un rôle d’observateurs d’une situation qui devrait pourtant les intéresser au premier chef.

Peace and love frères !


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