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OPINION - Le Coronavirus et l’arrière goût de la démocratie, des mots sur des maux, par Calame - SEYTOO.COM

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Le Coronavirus et l’arrière goût de la démocratie, des mots sur des maux

Opinion

La démocratie, ce n’est pas seulement faire appel à des citoyens à intervalles réguliers pour qu’ils votent.

Publié le 25 avril 2020, Calame

Le Covid 19 après la vertueuse mobilisation qu’il avait engendrée et malgré la sérieuse menace qu’il constitue, est dans certains cercles et secteurs, vu d’un très bon œil et si cela ne tenait qu’à eux, il durerait encore plus longtemps. Les affaires se nouent ou continuent…

En coulisses, on se cherche, on se rencontre, on se renifle… et on se tient par la barbichette. Les bons liens d’avant deviennent les prête-noms, les ententes, les accords, les contrats d‘après. Avec Corona virus, apparait encore une fois dans notre pays, un révélateur de l’opacité des pratiques et de la désinvolture avec laquelle certains élus, certains cooptés usent de l’argent public, dans un besoin tripal d’amasser encore et encore. Entre eux, une vie autonome s’organise, faite de petites haines mais de grands services, de méfiances mais de complicités, fixent les règles à leur guise, trustent les postes et les prébendes et dressent des pont-levis pour ne pas être dérangés, trace d’un passé qui n’en finit pas de les quitter, une continuité entre l’Etat et les affaires et que les meubles de la République leur appartiennent.

La moralisation de la vie publique avec ses lois de transparence, de bonne gestion, de «kit anticorruption» comprenant un ensemble de normes pénales, de mesures institutionnelles et de «bonnes pratiques», d’anciens serments ou des promesses de rupture ne sont en fait que le ravalement d’une façade moisie, mais seyant à quelques-uns qui ne se demandent pas pourquoi les suspicions et parfois le mécontentement des citoyens ne sont pas dus à leur incurie. Pratiques sans fin ? La transparence qui s’est progressivement imposée comme enjeu et thème politiques puis dans la gestion des affaires publiques est devenue une injonction des citoyens de tous bords.

Devenus particulièrement regardants sur la production de cette même transparence, de sa qualité, de sa sincérité, ils savent déceler dans les discours, les options et les axes qui débouchent sur une jactance qui n’est que profit pour quelques-uns à l’ombre de jouissances et sacrifices pour tous les autres. Même si confusément, ils prennent de plus en plus conscience qu’on les « balade », qu’un système de domination leur rogne les ailes, au prétexte de les protéger, de les distraire et de les éduquer. Le plus insidieux est l’exploitation de la pauvreté par un Etat miné par le clientélisme et peu capable de remplir les missions qui sont les siennes, qu’elles soient régaliennes, de délivrance de services aux populations ou d’accompagnement de la vie économique.

En période de crise comme celle que nous vivons, il se réveille brusquement, se fait passer pour bienfaiteur pour tous, étale sa « puissance », se montre magnanime, en adoptant des gestes de bateleur qui sont les limites de sa vacuité (140 mille tonnes de riz, c’est la consommation nationale pour un mois et demi), mais ne recherchant, en réalité, que le polissage de sa propre image. Une image qu’il faut vite réhabiliter parce que le délai de 15 jours qui avait été fixé pour que les vivres soient acheminés et distribués, se raccourcit comme peau de chagrin. A 4 ou 5 jours de son terme, seuls 15000 tonnes ont été acheminés, selon les dires d’un cadre du Commissariat à l’aide alimentaire. C’est la raison pour laquelle dans les réseaux sociaux, on nous montre des personnes ayant reçu « l’aide » qui se compose de quelques kilos de riz, de 2 sachets d’huile, de 3 pains de savon et d’une moitié de boite de sucre. Pas l’ombre de pâtes ou de vermicelle

Le tollé consécutif aux conditions d’attribution des marchés en vivres et leur transport, la distribution de ces denrées de grande consommation, entamée avant la mise en place de la commission de suivi de « Force Covid 19 », sont l’effet de cette mauvaise habitude de mettre la charrue avant les bœufs, preuve d’un manque de logique flagrant. Il a été publié il y a peu, la liste des donateurs du fonds « Force Covid 19 ».

En la parcourant, elle ne fait état que de donations en chèques, en virements, très peu en numéraires. N’y a-t-il donc pas de dons en nature ? Si oui, -parce qu’il y en a sûrement- ne valent-ils pas d’être renseignés et nous épargner ainsi, plus tard, à l’heure des comptes –et/ou des mécomptes- d’une atmosphère de capharnaüm où nous serons encore une fois les témoins de quelques-uns, le verbe haut, cintrés de l’intérieur qui nous dirons que nous ne comprenons rien à la comptabilité publique et de crise, alors que nous-mêmes avons du mal à trouver du cerveau dans leur discours ? Il en est de même du programme de résilience économique dont on attend qu’il soit plus explicite.

Sur le papier, sont répartis les 1000 milliards du fonds « Force Covid » (en milliards) : 64,4 en soutien à la santé, 69 pour la distribution de denrées alimentaires, 12,5 dédiés à la diaspora, 18,5 paieront les factures d’eau et d’’électricité, la remise partielle de la Tva se monte elle à 200, quant à l’extension de la Tva suspendue, elle est évaluée à 15 et l’exonération fiscale à 2. Le soutien aux acteurs les plus touchés, le paiement dû aux fournisseurs de l’Etat, le mécanisme de financement/facilité de paiement et la couverture partielle des pertes de recettes, la couverture partielle des pertes de recettes et autres, totalisent 618, 6 milliards.

La démocratie, ce n’est pas seulement faire appel à des citoyens à intervalles réguliers pour qu’ils votent. C’est aussi leur donner le droit de savoir, de pouvoir identifier les mécanismes institutionnels et les normes fonctionnelles qui la caractérisent. Parce qu’il est quand même assez déroutant pour des citoyens qui ne s’attachent plus seulement qu’aux séquences publiques, officielles, de l’administration du pouvoir et des démarches qu’elle impose, qui se sont jetés spontanément dans les rues en pensant sincèrement que la démocratie était menacée, de vouloir les mettre en toutes circonstances devant le fait accompli. Le refus de cet état de fait qui s’exprime par des levées de bouclier, de oppositions, des dénonciations, c’est pour redonner le goût de la démocratie à ceux qui l’ont oubliée ou font semblant, une fois arrivés au pouvoir, et donner des regrets à ceux qui n’y croient pas



Du même contributeur, Calame


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