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OPINION - « Le racisme est pire au Sénégal qu’en France », par Awa Diouf - SEYTOO.COM
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« Le racisme est pire au Sénégal qu’en France »

Opinion

Ce que je veux dire, ce n’est pas le racisme en tant que tel que je condamne parce que ce n’est pas déclaré ici au Sénégal. Ce n’est pas déclaré mais quand une famille ne veut pas de vous elle vous vire tôt ou tard.

Publié le 31 mai 2020, Awa Diouf

Véronique Ahyi- Hoesle est née en France d’une mère française et d’un père togolais. L’auteur du roman « Ayélé, fille de l’ombre » sorti au mois de juillet dernier aux éditions Bénévent a travaillé avec France 24 avant de collaborer avec la revue Amina. Elle vit maintenant au Laos où elle a trouvé une nouvelle vocation d’écrivain. Par sa plume, elle a lancé un cri de cœur, de douleur, en racontant ce qu’elle a vécu au fond de son âme. Le métissage, le racisme, l’amour, le viol entre autres sont les thèmes qu’elle a développés dans son ouvrage. C’est ce qui ressort de cet entretien qu’elle a accordé à Sud Quotidien, en marge de la cérémonie de dédicace de l’ouvrage tenue le samedi 2 octobre dernier à l’institut français de Dakar.

Pourquoi le choix du titre de votre roman ?

Véronique Ahyi-Hoesle- Ayélé est un prénom togolais. Je suis une métisse togolaise et fille de l’ombre à cause de l’itinéraire d’Ayélé. Ayélé était confiée à des familles d’accueilles à cause de sa couleur parce qu’elle était une page d’ombre d’une famille conservatrice.

Qu’est-ce-qui vous a réellement poussé à écrire ce roman ?

(Hésitations). C’est mon mari qui m’a poussée à écrire. Sinon je n’aurais jamais écrit parce je suis trop paresseuse. Il y a beaucoup de journalistes dans le même cas que moi et qui deviennent après des écrivains. Comme je l’ai dit tantôt, j’ai besoin aussi d’équiper mes héroïnes (rires).

Dans votre ouvrage, il y a des passages très critiques sur le Sénégal. Qu’est-ce qui explique cela ?

Oui, c’est vrai. Dans mon livre, même à la présentation j’ai parlé du racisme en France, du Sénégal, parce qu’en France le racisme ne pose pas de problème, mais au Sénégal c’est beaucoup plus dur même s’il y a la Téranga. Je pense qu’il faut faire la part des choses. Quand on vient au Sénégal en tant que touriste, y a pas de problème. Là on est bien accueilli. Mais quand on vient avec un vrai mari sénégalais là il y a un problème. La famille ne vous accueille pas à bras ouvert. C’est une guerre qui va être déclarée. On ne vous dira jamais qu’on ne veut pas de vous. Mais ils vont se donner la main contre vous pour que tôt ou tard vous partiez. Le racisme prend des proportions. Au départ, le racisme c’est la crème de l’étranger. C’est un phénomène de rejet ou de curiosité, ça se comprend. Ce que je veux dire, ce n’est pas le racisme en tant que tel que je condamne parce que ce n’est pas déclaré ici au Sénégal. Ce n’est pas déclaré mais quand une famille ne veut pas de vous elle vous vire tôt ou tard.

Est-ce que vous racontez votre vie au Sénégal à travers ce livre ?

(Rires). En fait ce que je dis c’est une information, mais il y a aussi une bonne partie autobiographique. Alors qu’est qu’il y a à dire ? Oui je suis une métisse qui a grandi en France. Quand je suis arrivée au Sénégal, je ne connaissais pas ce pays et j’ai des surprises qui restent parce que je m’attendais à voir le pays comme tel c’est-à-dire en France. C’est qu’on est un peu ridicule, il n’y a pas de l’épreuve, il n’y a pas des gens qui m’ont dit autant qu’ici et je m’attendais en fait à un pays idéal. Ce n’est pas ça, c’est des enfants qui m’ont dit, c’est des gens qui ont pris des jambes qui se trainent par terre etc. ça m’a vraiment ( ) et ça je l’ai dit. Qu’Ayélé était une expérience et le même mode de vie est différent parce que quand on est au Sénégal ou en France d’abord on est habitué à. Il y a peut être un confort en France auquel on n’est pas habitué et Ayélé retrouve ça au Sénégal avec un pagne assise par terre sur un banc entrain de préparer des beignets. Et c’est peut être une scène normale au Sénégal mais pas en France. Et Ayélé a pleuré parce qu’elle ne s’attendait pas à ces genres de choses. Je crois que le problème aussi c’est que Ayélé n’était pas préparée au Sénégal parce que ( ) et en ce moment là ( ) attention de ce que vous allez écrire je ne dis pas la France est mieux que le Sénégal ou vice versa, pas du tout, mais différent. Je crois qu’on ne débarque pas comme ça dans un pays sans y avoir était préparé.

Pourquoi vous avez choisi le nom Ayélé ?

Parce que un nom togolais c’est aussi mon prénom.

Vous avez aussi abordé la question d’abus sexuel

Oui parce qu’en fait que ce soit ici ou ailleurs il y a un phénomène d’abus sexuel. C’est un des messages que je veux passer parce que j’estime qu’il faut impérativement le dénoncer. Et il y a le silence autour de ces agissements parce que la famille ne veut pas en parler, parce que ce n’est pas pour la société, parce que, parce que quand ce sont les enfants il y a le trac de ne pas prévenir les parents. Si c’est un oncle qui commet ce genre d’acte, il a peur de créer des problèmes, il y a un mutisme. Personne ne dit rien, il y a des cas, je n’ai pas dit tous les jours mais il y a beaucoup de cas comme ça. Il faut que la justice fasse son travail, il faut que la police s’y mette, il faut que les journalistes fassent aussi leur travail, et que les gens aient le courage de parler. Et ils parleront quand plusieurs personnes vivront ce qui se passe.


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