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OPINION - Que devons-nous tous, Africains, comprendre de l’ignoble passé colonial ?, par Papalaye - SEYTOO.COM
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Que devons-nous tous, Africains, comprendre de l’ignoble passé colonial ?

Opinion

Quelle cynique opération de renversement de valeurs que de vouloir transformer le cortège des crimes, des humiliations, des horreurs, d’avilissement moral, de destruction psychologique de la colonisation en bienfaits civilisateurs !

Publié le 30 mai 2020, Papalaye

Quelle sournoiserie que de vouloir magnifier l’ignoble passé colonial au moment même où l’évidence de sa cruauté s’impose ! Nous sommes surpris de constater qu’il y a, encore aujourd’hui, des gens qui louent la colonisation après que tout le monde ait reconnu qu’elle est un crime contre l’humanité.

Cela sent de l’idéologie esclavagiste et colonialiste. Dans cette logique, la colonisation, l’envahissement des territoires de leur mère Afrique, le pillage des ressources des pays africains, l’humiliation, la chosification de son prochain… n’ont rien de choquant.

Quelle bassesse morale, quelle ingratitude envers celle qui la vue naitre et nourri dans son berceau ! Ce sont là les sophismes habituels et ridicules par lesquels le néo-colonialisme tend à refaire surface et qui méritent, par conséquent, d’être dégonflés.

C’est un fait avéré que la colonisation a détruit l’essor des pays africains et les a tirés vers le bas. Elle a profité à tous sauf aux colonies et aux colonisés. La vérité est de dire que la colonisation a porté atteinte à la dignité des peuples ou ces colons sont issus et laissé dans leur psychisme profond des séquelles ineffaçables.

Elle a été un génocide de l’histoire africaine, une négation de l’identité du Noir, de son plus profond, une quasi-extinction de ses cultures, de ses langues, de ses coutumes et de ses traditions.
S’il y a ou s’il pourrait y avoir un quelconque exploit extraordinaire de la colonisation, ce serait, sans doute, celui d’avoir réussi, d’un coup de maître, à saper les bases de l’organisation sociale en Afrique au profit de l’Occident.

Tant il n’y a et nous n’y voyons aucune œuvre de générosité, aucune œuvre humanitaire. Et c’est bien vain de polémiquer, de vouloir rentrer sur ce terrain pour voir s’il y a des crimes abominables et des crimes bénis. Tous les crimes, à nos yeux, sont odieux.

De toute façon, on ne peut pas comprendre la situation du continent sans tenir compte des dévastations, des spoliations et du pillage dont elle a été victime de la part de l’Occident chrétien. On ne peut ne pas établir de liens entre le passé colonial et l’état de déliquescence du continent.

Loin de nous l’idée d’imputer à la colonisation la responsabilité du sous-développement. Nous disons tout simplement que dans le cas précis de l’Afrique, le coût humain, économique, financier, social et culturel d’abord de la traite des Noirs, ensuite de la colonisation a été un gouffre, une catastrophe pour nos sociétés qui ont du mal à se relever des siècles d’exploitation et de pillages.

Quoi de plus écœurant que d’entendre Sarkozy parler des bienfaits de la colonisation après avoir dit qu’il ressentait «la traite et l’esclavage comme un crime contre l’humanité » ! Qu’est-ce qui, en fin de compte, est bénéfique ?

L’exploitation, le pillage des ressources africaines, le sinistre des économies, la violence, les travaux forcés, l’humiliation, l’oppression, le traumatisme, l’horreur, le dénigrement et l’extinction des cultures africaines, la destruction du tissu social, la pauvreté, la chosification, la négation, l’infantilisation du Noir, l’imposition au Noir d’un complexe d’infériorité face au Blanc ou la liberté, la justice, la science, la technologie, le savoir-faire, l’industrialisation des pays africains qu’elle a apportés en retour ?

Les routes non bitumées tracées par nos ancêtres à la main au temps du travail forcé et de façon générale les constructions de routes, de ponts et des infrastructures de l’époque coloniale ne sont d’ailleurs pas véritablement des œuvres de bienveillance à mettre à l’actif des colonisateurs.

Elles ne sont pas faites de bonté de cœur et ne sont pas inspirées par des sentiments altruistes. Les colonisateurs en avaient besoin eux-mêmes pour sillonner les pays, accéder à nos matières premières, les piller et les acheminer vers les ports à destination de la métropole.

De même, les dispensaires, les hôpitaux, les centres de santé n’étaient pas créés pour soigner les Africains. A l’origine, ce sont des centres de santé créés par les colonisateurs pour se soigner. C’est accessoirement et par la force des choses qu’on y soigne la main-d’œuvre locale, c’est-à-dire les indigènes, les colonisés.

Car, après tout, ces derniers doivent être maintenus en bonne santé pour continuer à servir et à faire prospérer l’économie coloniale.

Dans le même sens, si les Africains ont été instruits, ce n’était pas, initialement, dans leur intérêt. C’était pour pouvoir assurer la communication avec eux, avoir des gens avec qui discuter, du moins, une élite soumise qui servira de canal de transmission entre les indigènes et leurs «maîtres» et, ainsi, faire perdurer la domination coloniale par un impact psychologique, intellectuel sur les colonisés.

La scolarisation des Africains rentrait dans le cadre d’une stratégie coloniale visant à refaçonner le Noir africain, à le remodeler, à le déprogrammer pour l’amener, dans ce nouvel univers culturel, à perdre ses racines, son histoire, ses héros légendaires, ses valeurs culturelles diabolisés au point de les détester, d’en avoir honte et de renier ses pratiques culturelles.

Heureusement, que certains de nos dirigeants, en l'occurrence Maitre Abdoulaye WADE, Président de la République du Sénégal, ont su montrer a la face du monde, par les biais du FESMAN, pour la troisième fois, que la culture, la civilisation, l'histoire, l’art ont pour origine l'Afrique, et que tout cela existe encore.

L’école coloniale n’était rien d’autre qu’un chien de garde idéologique de l’impérialisme. Elle avait pour but de diffuser l’histoire, la culture du pays colonisateur. En somme, c’était un instrument de génocide culturel.

Pour tout dire, c’est manquer de faire preuve de bonne foi et de l’hypocrisie que de chercher à tout prix, malgré tout ce qui a été dit sur les sombres et douloureuses pages de la colonisation, à vouloir magnifier l’œuvre coloniale et à considérer ce qui est une horreur, un crime contre l’humanité et un crime imprescriptible comme un bienfait.

Et quand bien même, la colonisation pourrait présenter quelque aspect positif, cela n’excuse en rien ses horreurs et ne doit pas servir à les occulter.

La colonisation demeure, pour nous, Africains ou non, un cauchemar, un souvenir douloureux, un sujet de traumatisme en ce qu’elle est une version légalisée de l’esclavage et ne vise que l’exploitation, l’écrasement et l’humiliation du Noir. Les résultats socio-économiques et politiques d’un siècle de présence française en Afrique sont navrants.

Ces piteux résultats interpellent la conscience des responsables politiques français et invitent beaucoup plus à l’autocritique, à la remise en question qu’à la glorification et à l’autosatisfaction. On ne peut pas vouloir faire l’histoire en le dénaturant.

Nous avions été outrés de voir M. Sarkozy peindre le paysan africain en des termes si ahurissants et expliquer la situation actuelle de l’Afrique par la posture atemporelle des Africains.

Ces mots si malheureux, ces fausses et scandaleuses catégorisations qui n’ont rien à envier à ceux de J-M Le Pen, rappellent étrangement ceux tenus par les missionnaires et les colonisateurs pour justifier l’ignoble entreprise coloniale.

Sciemment ou non, il confirme et renforce à satiété la fausse image que beaucoup d’Européens se faisaient et que certains continuent à se faire des Africains, à savoir leur incapacité notoire à gérer leur propre vie, à se discipliner et à se gouverner sans l’aide des Blancs.

Une telle idée ne peut que justifier la traite négrière, la colonisation et rendre hommage aux Occidentaux pour leur œuvre «humanitaire» et «civilisatrice». Pour nous, cette curieuse manière de gloser et de peindre l’Africain frise le sarcasme et l’insulte raciale.

Cet étrange discours est, après tout, symptomatique d’une certaine surdité et d’une incapacité notoire à suivre un tant soit peu l’évolution des choses et des idées sur le continent. En fin de compte, on dirait que M. Sarkozy ne s’est pas bien et totalement débarrassé du complexe colonial et impérialiste.

Les Africains exigent, de ce fait, du président français un minimum de connaissances indispensables, de rigueur, d’objectivité scientifique et de hauteur morale dans ses prises de position pour ne plus voir l’Afrique à travers ses prismes déformants de la réalité et parler de l’Afrique, enfermé dans son anthropologie raciste et dans sa vision rancie du continent. Il est Bête de penser que l'Afrique n'est pas entré dans l'histoire, alors que, son histoire, l'histoire des ces ancêtres a commence en Afrique.

Nous trouvons inadmissible d’aller, aujourd’hui, vers la jeunesse africaine, vers l’intelligentsia africaine, en un mot, vers les Africains avec des idées simplistes, vieillottes et tenir ce type de discours orienté par une lecture erronée des faits, une méconnaissance de l’histoire, des réalités africaines et des considérations anthropologiques d’un autre âge.

Mais, comment peut-on vouloir parler de ce qu’on ne sait pas, de ce qu’on ignore, de ce qu’on ne maîtrise pas ? Qu’y a-t-il, d’ailleurs, de si vil et de si bas que de chercher délibérément à égratigner au point de passer à côté de la plaque ?

Il nous faut apprendre à retenir nos langues et à bien les tourner avant de tenir nos discours.

Car, parfois, les coups de langue sont pires que les coups de lance et de massue. Et les médisants tout comme les calomniateurs et les racistes ne sont pas dignes de considération. On les craint, on les haït, on les fuit, on les maudit. Celui qui porte atteinte à l’honneur de ses semblables se déconsidère lui-même.


Du même contributeur, Papalaye


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