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OPINION - Réflexion : Tant de théories, si peu de pratique !, par SokhnaNdiaye - SEYTOO.COM
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Réflexion : Tant de théories, si peu de pratique !

Opinion

Définir une théorie, bancale ou non, ne demande que son cerveau et parfois très peu de temps. Chacun a une théorie sur le développement de l’Afrique, même les individus les plus médiocres de la communauté. Pour définir une théorie, une personne s’inspire de ce qu’elle connait et de ses expériences.

Publié le 13 février 2020, SokhnaNdiaye

On le sait, l’Afrique est au fond d’un gouffre qui ne cesse de s’approfondir jour après jour. Le but de cet article n’est pas de revenir sur les causes. Mais plutôt d’en venir à l’une de ses conséquences. A savoir un questionnement logique sur des solutions à apporter. Un peu partout autour de chacun de nous fleurissent des masses de théoriciens. Qu’ils soient dans la diaspora ou sur le continent, il est aujourd’hui facile de trouver des théoriciens de ce qu’on appelle couramment la renaissance Africaine, ou d’une de ces branches (culture, social, économique, etc.). Essayons de comprendre pourquoi un si grand nombre de courants de pensées existe, pourquoi ils « ne tiennent souvent pas la route «, et surtout pourquoi nous sommes face à si peu d’applications concrètes.

Définir une théorie, bancale ou non, ne demande que son cerveau et parfois très peu de temps. Chacun a une théorie sur le développement de l’Afrique, même les individus les plus médiocres de la communauté. Pour définir une théorie, une personne s’inspire de ce qu’elle connait et de ses expériences. Partant du principe que plus on en apprend et plus on se rend compte de son ignorance, le vrai théoricien considère qu’il doit passer sa vie à apprendre pour enrichir sa pensée qui par conséquent n’est pas figée. Parmi le peuple Africain force est de constater qu’il existe toutes sortes de pensées, y compris les plus irrationnelles. Et nous pouvons approximativement distinguer deux branches : les radicaux (volonté de prendre les problèmes à la racine), et les autres qui ne cherchent pas les causes d’un problème, mais plutôt seulement à s’adapter à une réalité bonne ou mauvaise pour eux. Cette seconde branche n’a aucun avenir positif.

La question est : Pourquoi cette branche est si épaisse ? Notre peuple a été rabaissé de la pire des façons dans l’histoire, et parmi les crimes subits, si nous devions les trier, nous pourrions placer l’effacement de mémoire collective historique comme l’un des pires. Et force est de constater que le proverbe « connaît d’où tu viens pour savoir où tu vas » est beaucoup plus connu qu’il n’est appliqué, avec pour conséquences directes des propositions de théories de développement souvent farfelues car ne s’appuyant pas sur notre propre paradigme. Une théorie peut avoir l’air parfaitement cohérente, mais lorsque qu’elle se base sur un postulat biaisé elle ne peut résister au test de la pratique et est voué à l’échec à terme. Les postulats faux rencontrés souvent sont par exemple « confiance en l’ONU » , « confiance en la banque mondiale et autre organisme financier de développement pour financer grands et microprojets« , « s’allier avec des occidentaux » alors même que l’Afrique n’est pas unie, dire que « la Chine c’est mieux que l’occident, on sera aussi gagnant » alors qu’un prédateur reste un prédateur, croire que garder une langue nationale occidentale est un bien car cela empêche le tribalisme, et n’importe qu’elle théorie ou postulats de développement humain, économique et culturel ne prenant pas en compte les réalités historiques et culturelles Africaines (on pourrait encore en citer des dizaines), ni les même les réalités des rapports entre l’Afrique et le reste du monde à travers le temps. Car le monde est d’une violence incroyable avec l’Afrique. Une quelconque théorie de développement qui ne prend pas ce paramètre en compte est faussée directement.

Avec ces paramètres, il est facile de valider ou non une théorie. Cet effacement de mémoire cité plus haut a aussi pour conséquence un mépris voilé ou non, envers l’Afrique et tout ce qui vient d’Afrique. Du fait de ce mépris, même les individus les plus médiocres, les plus stupides, les moins « instruits » se permettent de parler à tort et à travers de l’Afrique et croient pouvoir se permettre non seulement de débattre sérieusement, mais en plus de théoriser dessus car ils savent qu’il n’y a pas de limite à ne pas dépasser dans l’insulte de l’Afrique. L’impunité est totale.

La pratique est l’unique test et ses barrages sont nombreux. Une théorie bancale qui ne s’est pas encore perdue en route ne résiste pas au test de la pratique. Dans la diaspora combien parlent de l’Afrique mais ne l’ont jamais foulé ! ou alors l’ont quitté il y a plus de 15ans. Et pourtant prendre la « température du pays » est déjà un pas dans la pratique, c’est même le 1er et le plus simple. Mais les excuses, avouées ou non, valables ou non, sont nombreuses : Soi-disant manque de temps ou d’argent, peur du retour, peur du dépaysement après trop d’années à l’extérieur, etc. mais le plus grand frein reste la peur de la mort et de la violence. S’il est facile d’écrire et parler en étant en occident, mettre en pratique sera d’autant plus difficile que la théorie est bonne. Car plus elle est bonne et visible, et plus elle passe forcément par un changement radical des systèmes en place actuellement. Et moins elle accepte le compromis. Qui dit remise en question du système dit mise en péril de sa propre vie. Et rares sont les personnes prêtes à mettre leur vie en jeu pour pratiquer la théorie. C’est le barrage de la peur, une prise de risque qui peut tourner court rapidement. On ne meurt qu’une fois dans la vraie vie. C’est cette peur qui parfois fait changer de camp des théoriciens qui la veille encore fulminaient contre le pouvoir en place.

Pour éviter le risque de se faire écraser et pouvoir appliquer leurs théories, certains prennent les armes. Prendre une arme pour le peuple est un acte d’amour. C’est un acte véritable d’amour pour les siens et sa terre. « Se battre » sur le « terrain ». C’est un choix radical, mais souvent nécessaire. Car pour citer Malcolm X, « s’il parle le langage des fusils, parlez-lui le langage qu’il comprend «. Certains ont mis, avec plus ou moins de succès, ces atouts de leur côté. Comme par exemple Sankara (Coup d’Etat sans effusion de sang, mais par la dissuasion), Toussaint Louverture, Dessalines, Marighella, et d’autres qui hélas ont perdu la vie avant de pouvoir appliquer leurs théories. Mais la prise du pouvoir par les armes (ou non comme Lumumba) ne signifie pas non plus réussite systématique de l’application des théories. Car si la théorie n’évolue pas, c’est à dire, si les théoriciens n’apprennent plus et ne cherchent plus à apprendre et comprendre le monde qui les entoure et à puiser dans leurs origines, alors tout leur travail pour arriver au poste d’application aura été inutile. Sankara a été tué facilement car il ne s’est peut-être pas assez vite adapté à ses adversaires. Lumumba en oubliant de parler le langage de la violence, c’est à dire le langage du néocolonisateur, s’est laissé attraper facilement, Um Nyobé a fait confiance aveuglément à l’ONU, enfin Dessalines et autres haïtiens, tout comme Marcus Garvey n’ont jamais repris contact avec la source Africaine pour mieux s’inspirer de leur histoire. Bien sûr, malgré leurs multiples erreurs, ces hommes restent des modèles. Ils étaient sur le bon chemin, mais avec des données incomplètes.

Les armes ne sont pas les seuls moyens d’expression donnés pour passer à l’acte. Pour rendre la population acquise à sa cause, il faut déjà être sur place. Car appliquer une théorie de développement social, politique, économique ou culturelle, c’est vouloir agir sur le peuple. Et exilé à plus de 6000kms en occident, les chances d’aboutir à une quelconque application sont nulles. Écrire des tonnes de livres et d’articles en restant en exil ne remplacera jamais la création d’écoles panafricaines sur le continent, ne remplacera jamais une candidature à un poste de maire, ne remplacera jamais des créations d’emplois sur place. C’est vers quoi s’orientent des organisations comme Shomari (Kongo), Kemwana (Cameroun) ainsi que Kemi Seba (Sénégal). Nous avons pris l’habitude de ne prendre en exemple que les grands leaders comme Lumumba ou Sankara. C’est une erreur. Chacun peut agir sur un créneau plus pratique comme l’éducation, le réveil culturel, le médical, l’hygiène, l’assainissement, etc. Bref a une échelle qui peut paraitre moindre mais qui ne l’est pas du tout car alors le peuple voit qui travaille réellement pour lui. La seule condition est de se dire que l’on met en place une action pour qu’elle grandisse, et tout faire en sorte pour qu’elle puisse grandir et s’il faut, « montrer à vos adversaires que vous êtes aussi en mesure de parler un langage qu’ils comprennent. » Personne n’est obligé de jouer le jeu des hommes de pouvoir actuels. Faites votre propre jeu, avec vos propres règles. La limite avec la violence est fragile, et être sur le terrain signifie jongler chaque jour avec cette frontière. Être sur le terrain signifie vaincre sa peur et réduire au maximum les risques pour sa vie tout en restant efficace. Être sur le terrain finalement est terriblement terre à terre, sans jeu de mot.

L’occident ne sert qu’à pouvoir nous entrainer dans des « conditions tranquilles «, mais le jour de la représentation, il faudra jouer sans filet. L’occident n’est pas notre terrain de travail, et le croire revient à s’inventer une vie en fantasmant une Afrique inventée de toute pièce, comme revêtir le maillot d’une star du sport et se prendre pour lui sans vouloir refaire tout son difficile entrainement : C’est une illusion. Le continent n’est pas homogène et n’est pas partout un terrain de guerre permanent. Les gouvernements en place, bien que souvent défaillants ou violents, ne le sont pas tous à la même échelle. Les appareils administratifs sont tellement faibles et mal organisés qu’ils leur seront difficile de bloquer les actions individuelles positives. Alors quand vous vous sentirez prêts, devenez radical dans vos théories pour bien comprendre les problèmes, adoptez une branche dans laquelle vous voulez servir, étudiez-la bien et lancez-vous. Car personne ne vous en empêche, excepté vous-même.


Du même contributeur, SokhnaNdiaye


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Jo
Jolofman
18 février
Je suis parfaitement d'accord. Parfois il est important d'aller au dela des verbes et passer a l'action.

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