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Ce qu’il faut comprendre de Bélil Fafabé, la terre aux beautés Sénégalaises naturelles - SEYTOO.COM
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Ce qu’il faut comprendre de Bélil Fafabé, la terre aux beautés Sénégalaises naturelles

Société et vie personnelle

Pour trouver une peulh Fafabée qui ne porte pas ces ceintures de perles blanches, il faut aller voir du côté des personnes âgées. Elles sont la seule exception à la règle de cette coutume qui se confond avec l'histoire de cette ethnie.

Mis à jour le 30 octobre 2020, Absa Ndong
Ce qu’il faut comprendre de Bélil Fafabé, la terre aux beautés Sénégalaises naturelles

Les Fafabés se considèrent comme la «race des purs Peulhs». Leur village, Bélil Fafabé, se trouve à moins d'un km de la commune de Ranérou. Dans ce coin reculé, les Ferlankés sont majoritaires.

Les femmes fafabées, pourtant, ne passent pas inaperçues en raison de leur accoutrement, de leur élégance et de leur beauté rare.

Enracinés dans leur culture et tradition, ces Peulhs vivent dans leur univers propre. A la découverte d'une communauté au mode de vie fascinant...

Le village de Bélil-Fafabé se niche au milieu de la forêt, à 700 m de la commune de Ranérou. Les arbres cachent leurs petites cases dispersées et assez distantes les unes des autres.

A première vue, on se croirait dans une forêt perdue où aucune âme ne vit. Et pourtant, c'est là qu'habitent les peulhs fafabés, une ethnie très spéciale.

Syra Bâ, la cinquantaine, est la première à sortir ; curieuse de voir des visiteurs. Très accueillante, elle parvient à réunir en un temps record tous ses voisins dans sa demeure. Une petite case où Syra Bâ cohabite avec ses poules, poussins et moutons.

Une situation qui ne la dérange guère. D'ailleurs, pour avoir une place sur le lit, il faut négocier avec une maman poule et ses poussins. «Nous les peulhs, nous avons l'habitude de vivre avec nos bêtes, cela ne nous dérange pas.

Comme vous l'avez constaté, je vis avec mes enfants et mes animaux domestiques dans cette case», explique la dame qui, très active, s'emploie à débarrasser quelques affaires pour faire un peu plus d'espace à ses hôtes.

L'endogamie comme règle

En fait, selon Syra Bâ, un vrai peulh ne doit pas vivre dans les villes. «C'est dans la brousse que nous nous sentons à l'aise, car c'est ici notre place. Nous avons nos bêtes à nourrir et nous sommes très mobiles.

Vivre dans les villes ne nous arrange pas, car l'élevage est notre principal domaine d'activité», confirme Khoudia Bâ, qui ne considère pas les Ferlankés qui vivent dans la commune de Ranérou comme des peulhs «originaux».

«Nous ne les considérons pas comme de vrais peulhs. Ils n'ont pas beaucoup de bêtes à élever car ils sont devenus trop modernes. En plus, ils se marient avec n'importe quelle ethnie alors que cela ne se passe pas comme ça chez nous», ajoute-t-elle.

Et pour cause, les Fafabés ne se marient qu'entre eux, puisqu'ils se considèrent comme des nobles. Dans leur vision des choses, un Fafabé ne peut pas transgresser cette règle établie par les ancêtres.

«Nous n'avons pas le droit de nous marier avec une personne qui n'est pas de notre ethnie. Nous sommes très stricts sur ce point de vue», dit notre interlocutrice.

D'ailleurs, pour respecter la tradition, les jeunes filles sont données en mariage dès l'âge de cinq ans. Seulement, elles peuvent rester chez leurs parents jusqu'à l'âge de 13 ans.

«Toutes les jeunes Fafabés que vous voyez ici sont déjà mariées, seulement le moment venu, elles iront rejoindre leur mari», rajoute Sylla Galla Bâ.

Un trait remarquable chez les femmes Fafabées, c'est qu'elles incarnent la beauté et l'élégance. Elles ne passent pas inaperçues dans les rues de la commune de Ranérou. De teint claire, elles ont des traits fins, des lèvres pulpeuses bien tatouées et des formes très généreuses.

Et, dans la localité, tout le monde s'accorde sur leur beauté rare. Leur façon de s'habiller et de se maquiller également les distingue des autres ethnies peulhs de la commune.

La femme Fafabée s'habille en respectant les valeurs de son ethnie. «Nous respectons beaucoup la tradition. Nous ne sortons jamais sans nos boucles d'oreilles, nos colliers et bracelets. C'est ce qui nous différencie des autres et qui fait notre beauté», explique Mariétou Bâ.

En fait, ces femmes sont très coquettes et font tout pour plaire à leur mari, d'autant plus qu'elles se marient très jeunes. «Nous avons nos propres astuces pour plaire à nos maris. Par contre, nous n'avons pas besoin de grandes choses pour nous faire belle. Nous n'utilisons jamais de produits cosmétiques», affirme la jeune fille Djiba Bâ. Le secret de leur beauté se trouve dans la nature, selon elle.

300 perles blanches pour plaire au mari

«Il faut souffrir pour être belle !» Les Fafabés ont fait leur cette assertion. En effet, ce qu'il y a de plus impressionnant chez elles, c'est leur façon excessive de porter des perles autour des reins. C'est visible d'ailleurs de par leur manière de marcher et de nouer leur pagne.

En fait, une Fafabée doit se surcharger en «bine-bine». C'est la tradition. Ce «rituel» est enseigné à la femme dès l'âge de cinq ans. Elle débute avec un nombre de 10 perles blanches, puis 20, ainsi de suite jusqu'à atteindre la barre des 300 avant le mariage.

«Une Fafabée ne peut pas marcher sans ses perles. C'est comme ça ; c'est notre tradition. C'est à l'âge de cinq ans que les filles commencent à collectionner leurs propres perles», explique Mbourel Bâ, la fille de Syra Bâ.

Du coup, au moment du mariage, la femme Fafabée doit avoir au total 300 perles blanches au tour de ses reins, ni plus ni moins.

Et la vente de ces joyaux est un business très porteur à Bélil-Fafabé pour certains commerçants qui connaissent bien la coutume. «Les perles sont achetées par les commerçants à Linguère.

Ils nous les revendent par parquet à 2.500 francs. Nous devons en mettre 300, c'est la coutume. Mais c'est aussi une manière de faire plaisir à nos maris», confie Djiba Bâ. En fait, le Fafabé est capable de débourser une somme importante pour l'achat de ces «bine-bine» pour sa femme.

Selon Syra Bâ, les filles se sentent belles et très sûres d'elles avec ces nombreuses perles autour des reins. Elles les portent et vaquent à leurs occupations, sans grandes difficultés. «Nous avons l'habitude de mettre nos perles, et cela ne nous empêche pas de travailler.

Sans ces perles nous ne sommes rien !» explique Mbourel Bâ. A la question de savoir si pendant la grossesse elles ont le droit de se débarrasser de ces bijoux, Mbourel Bâ répond sans grande conviction :

«souvent les sages-femmes nous l'exigent, mais nous reprenons nos perles après l'accouchement. Certaines femmes, par contre, refusent de les enlever même pendant la grossesse».

Finalement, pour trouver une peulh Fafabée qui ne porte pas ces ceintures de perles blanches, il faut aller voir du côté des personnes âgées. Elles sont la seule exception à la règle de cette coutume qui se confond avec l'histoire de cette ethnie.

En dépit de ces spécificités, les Fafabés vivent en harmonie avec leur entourage. «Tout se fait entre nous certes, mais nous cohabitons dans la paix avec les autres ethnies», fait savoir Syra Bâ.


Du même contributeur, Absa Ndong


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