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Ce qu’il faut comprendre de l’évolution de la beauté chez la femme noire

Société et style de vie

Les magazines de mode annoncent « un grand vent d’Afrique » dans les pages "mode". L’Afrique est plus que jamais belle, plus que jamais «tendance».

Mis à jour le 25 novembre 2020, Seytoo
Ce qu’il faut comprendre de l’évolution de la beauté chez la femme noire

Avec le nude, la tendance est au romantisme et au minimalisme. Pour accueillir le printemps qui approche à grands pas, on passe en mode pastel. On s’inspire des défilés Chloé pour flirter avec la légèreté.

Voir une publicité qui montre une belle femme noire ou métisse à la peau claire et aux cheveux lisses est une image courante et banale.

Cependant, cette "image" de la beauté de la femme noire s’est-elle toujours exprimée ainsi?

L'Afrique et ses différentes manifestations de la beauté

Une femme africaine ou une femme de «couleur» pour être appréciée par les hommes africains, se doit d’afficher des formes callipyges, épanouies : de gros seins, une taille forte et des hanches pleines. Ce qui laisse présager une fertilité et une féminité incontestable. Au début du dix-neuvième siècle, en 1811, les Européens notamment les Anglais et les Français furent scandalisés par les proportions du corps de Saartjie Baartman, dite la « Vénus Hottentote », une sud-africaine, originaire de peuple Khoi. Elle fut exhibée comme un objet de curiosité dans les cirques en raison de son corps, affectée de stéatopygie ou d’hypertrophie du tissu adipeux, au niveau des cuisses et des fesses, ainsi que d’une élongation des organes génitaux.

En Afrique, la beauté passe par les « formes » et les critères de beauté sont propres à chaque ethnie. Ce qui fait que toutes les Africaines ne se ressemblent pas. Il n’existe pas «une» mais «des» femmes africaines : au Soudan, les Nuba se voilent le corps de cendres et d’ocre ; en Ethiopie, les tribus Surma, Bumi et Karo se peignent le corps avec de la craie mélangée à l’eau, traçant des motifs géométriques. Au Tchad, les femmes Sara se percent les lèvres dès l’enfance jusqu’à ce que l’espace soit assez grand pour y insérer un plateau qui parachève la déformation de la bouche. On les nommait les «négresses à plateau». Du Nigeria au Soudan, en passant par le Congo et le Burkina - Faso, les scarifications, résultant de cicatrices de plaies pratiquées à la lame, sont portées fièrement par les femmes. Ces scarifications s’expriment différemment pour raconter l’appartenance à une tribu, son statut au sein du groupe autant que la beauté des corps.

Ces manifestations de la beauté qui se perpétuent dans des rites tribaux et ancestraux étaient perçues par les colons comme des actes barbares, de mutilation, de la part de peuples primitifs qu’il fallait évangéliser, éduquer pour le salut de leur âme et de leur corps.

La colonisation et le changement du mode d’expression de la beauté des femmes noires

Les colons imposèrent leur idéal de beauté : celui de la femme blanche avec une peau claire, des traits fins, des cheveux lisses et un corps mince. Cet idéal de la beauté blanche a eu comme conséquence de changer le mode d’expression de la beauté africaine. Avec la colonisation, la femme africaine s’est retenue d’exprimer sa beauté «à l’africaine», surtout dans les villes où l’influence des Blancs se faisait le plus ressentir. Au point que des personnalités noires du monde du spectacle comme Joséphine Baker, surnommée la «Vénus d’ébène» et meneuse de la Revue Nègre en 1925, cherchaient à s’éclaircir la peau en se lavant avec du jus de citron. Dans les mêmes années vingt, aux Etats-Unis, une africaine-américaine C. J Walker commercialise un procédé de défrisage à chaud pour les cheveux des Noirs. Jusqu’aux années soixante, les Noirs adoptèrent du mieux qu’ils purent les coiffures et les critères de beauté des Blancs pour s’intégrer et évoluer dans les société occidentales, mais aussi pour se distinguer et démontrer « leur évolution » dans les sociétés africaines.

Les années soixante, un tournant dans la perception de la beauté des Noirs

La fin des années soixante marque un tournant dans l’histoire des Noirs Américains et dans celle de la perception des Noirs par le monde entier. Le groupe de contestation noir américain, le «Black Power », qui incitait les Noirs Américains à lutter par la force pour leurs droits civiques est à l’origine du slogan d’auto-valorisation : «Black is beautiful» . Ce slogan aura pour effet de changer la manière dont les Noirs se percevaient et étaient perçus par les Blancs. C’est un retour aux sources qui leur a permis de se sentir beau avec leurs traits négroïdes, d’être fier de leur couleur et de la montrer. Partout dans le monde, ils affichaient les caractéristiques de leur beauté : la coupe Afro (cheveux crépus portés hauts et libres) portée par des femmes emblématiques telles qu’Angela Davis, Diana Ross, était «La» coiffure à la mode, de même que les tresses.

Cependant, le secteur de la mode s’imprégnait déjà de cette révolution esthétique. En 1962, Paco Rabanne fit défiler des mannequins noirs ; les mannequins noirs et métis inspirèrent des créateurs de mode, Yves Saint-Laurent en premier. Naomi Sims, top model noir, fit pour la première fois la couverture de Life magazine en 1969. Elle ouvrit la voie à ses consœurs comme Beverly Johnson (la première noire à faire la couverture du magazine Vogue en 1974) et la somalienne Iman, à la fin des années soixante-dix. Dans les années quatre-vingt, pendant que Grace Jones affichait sa beauté sauvage et androgyne sur des panneaux publicitaires réalisés par Jean-Paul Goude, l’Amérique fêtait Vanessa Williams, la première noire à gagner l’élection de «Miss America». Naomi Campbell n’apparaît sur le devant de la scène qu’à la fin des années 80. Sa beauté triomphera sur les podiums dans les années 90.

Le troisième millénaire célèbre toutes les beautés noires ?

A l’aube du troisième millénaire, l’Afrique est plus que jamais à la mode, et «Black is ever beautiful». Probablement une conséquence du métissage culturel et social, la femme africaine est imitée : les femmes européennes gardent leur bronzage toute l’année, portent des tresses, des dreadlocks ou des vêtements coupés dans des tissus africains ; une part de plus en plus grande est faite aux femmes noires à la peau très foncée (ou « bleue ») qui incarnent la négritude (comme le top model Alek Wek).

Les magazines de mode annoncent « un grand vent d’Afrique » dans les pages "mode". L’Afrique est plus que jamais belle, plus que jamais «tendance».

Cependant les critères de la beauté blanche prévalent auprès des femmes noires (qu’elles vivent en occident ou en Afrique) et auprès de l’opinion publique ; en témoigne les élections de miss Univers, Mpulé Kwélagobé une botswanaise et des anciennes miss France, Sonia Rolland (métis franco-rwandaise) et Corine Coman (originaire des Antilles)
et le refus de la part de nombreuses femmes noires de voir en Alek Wek, une belle femme noire. Toutefois, l’intérêt pour le continent noir persiste.

Les produits d'Afrique noire attirent un grand nombre de personnes et de sociétés.

Cette tendance « primitive » touche de nombreux secteurs. Le grand magasin Printemps, boulevard Haussmann, à Paris, a consacré une opération commerciale autour de ce continent en 2000. En 2001, ce grand magasin récidive avec l'ouverture d'un espace baptisé « Ethnique », sur 700 mètre carré ; le magasin de grande distribution Carrefour, pour la première fois, met en avant quelques produits cosmétiques et alimentaires africains dans ses rayons de beauté et dans ses rayons de fruits et légumes, de même pour les magasins Monoprix.

Le secteur de la beauté et des cosmétiques n'est pas en reste pour proposer des produits cosmétiques célébrant l’Afrique.

Les grands groupes de cosmétiques à l’exemple du groupe Revlon, L’Oréal ou encore Alberto Culver rachètent des entreprises leaders des cosmétiques pour les Noirs :

L’Oréal a acquis la société Soft Sheen, Revlon a acquis la société African Pride, et la société Carson a procédé à l’acquisition des produits Johnson. Par la suite, L’Oréal a poursuivi dans sa lancée en rachetant Carson et SoftSheen Carson a vu le jour, tandis qu’Alberto-Culver achetait Pro-Line Corporation.

Avec l’arrivée de ces grands groupes dans le secteur des cosmétiques pour les Noirs, des investissements en matière de communication pour les produits cosmétiques dit "ethniques" ont été faits. De nouveaux visuels pour des campagnes publicitaires soignées, sophistiqués ont envahis le métro parisien, les affiches 3 par 4. Les femmes noires icônes, de la mode, du cinéma ou de la chanson ont prêté leur image à ces campagnes.

Cependant, nous sommes loin de voir une expression, une célébration de toutes les beautés noires ou africaines. L’image sans cesse véhiculée de la beauté de la femme noire, est et reste celle d’une femme noire, certes, mais à la peau claire et aux cheveux lisses. Pourtant, il n’existe pas « une » femme noire mais « des » femmes noires.


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