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Société et style de vie

Ce qu'il faut comprendre des Sénégalais entre l'impudicité, le goût à la facilité et la culte de l'apparence

23 juillet 2021, M. Sow
Ce qu'il faut comprendre des Sénégalais entre l'impudicité, le goût à la facilité et la culte de l'apparence

Dans cet océan de détresse, subsistent de grandes iles d’espoir. C’est encourageant de voir beaucoup de jeunes suivre le droit chemin et travailler dur pour s’en sortir honnêtement, mais malheureusement ces gens là n’intéressent pas les médias, parce que ces derniers savent que l’obscénité et le sensationnel font mieux vendre.

Si l’argent est le baromètre des vertus d’une société comme le prétend Ayn Rand, la température des valeurs sociales, au pays de Kocc, semble avoisiner zéro pour beaucoup de gens. Dans une société qui devient de plus en plus matérialiste : où le paraître tend à supplanter l’être et où ce qu’on a est en train de devenir plus important que ce qu’on est; que ne ferait-on pas pour devenir riche? Pour bon nombre de gens la réponse à cette question semble évidente.

Chez les politiciens, certains, au vu et au su de tout le monde, volent des milliards et n’hésitent pas à s’exhiber, voire à s’en glorifier à travers villas, voitures, belles femmes… Récemment certaines danseuses ont défrayé la chronique en allant jusqu’à montrer leurs parties intimes à la télé moyennant quelques billets. Aujourd’hui, beaucoup de parents préfèrent inscrire leurs fils à l’école de la force plutôt qu’à celle du savoir, parce que, pensent-ils, on devient plus vite millionnaire avec de gros biceps (lutteur) qu’avec de bons neurones, dans une arène financée par de l’argent aux origines pour le moins douteuses : les promoteurs de lutte sont les seuls Sénégalais, que je connaisse, qui pratiquent le dumping, selon eux, ils organisent des combats à perte depuis des années, mais ils continuent quand même, c’est bigrement étonnant non?

Les charlatans et les voyants sont devenus, aujourd’hui, des travailleurs professionnels à temps plein, parce qu’ils savent qu’ils auront toujours des clients à qui ils peuvent promettre monts et merveilles sans crainte d’être démasqués ou inquiétés, parce que beaucoup de gens veulent un raccourci qui mène à la réussite, qui les dispenserait de fournir tous les efforts nécessaires. Sans doute ignorent-ils que le dictionnaire est le seul endroit où réussite précède travail. De nombreux jeunes ont bravé l’océan (à tort ou à raison, Dieu seul sait) pour rejoindre un hypothétique eldorado qui leur permettrait de revenir au pays les poches pleines gagnant ainsi le respect social qui leur avait été refusé pendant la période de galère, parce qu’à Jolof, pour beaucoup la pauvreté est un défaut. On oublie souvent que c’est le bon Dieu Le Pourvoyeur qui restreint ou élargit ses dons à qui Il veut. Le tourisme sexuel, la prostitution, les agressions, j’en passe, des pratiques jusque là méconnues de nos ancêtres s’exposent au grand jour pour des raisons plus ou moins financières. L’argent n’est plus le fruit du travail, mais de tractations, peu importe la manière (Xaalis kenn du ko liggéey da nu koy lijjanti). On devrait avoir honte de prononcer cette formule dans un pays, qui plus est musulman à 95%, mais son usage est devenu plus qu’acceptable dans notre langage quotidien.

Quant aux bonnes valeurs qui font la noblesse d’une société, que sont-elles devenues? : L’honnêteté, la vergogne, la pudeur, la loyauté… deviennent de plus en plus des qualités en voie de disparition. Ceux qui les ont, sont parfois, traités d’arriérés; bref j’ai l’impression que beaucoup de gens souffrent d’anosmie endémique, car ils ne sentent plus l’odeur pestilentielle de l’argent sale. Il suffit parfois de lire les médias ou d’écouter la radio pour se rendre compte de l’ampleur que la dépravation des mœurs et le changement de la société ont prise, bien que la plupart des journalistes soient plus intéressés à vendre leurs papiers ou avoir plus audience qu’à donner l’information utile. Pédophilie, prostitution, lesbianisme, inceste, agressions… sont souvent à la une de beaucoup de journaux, bref le tissu des valeurs qui s’est effiloché au fil des années semble être sur le point de se déchirer. Tout n’est toutefois pas sombre au pays, et heureusement! Dans cet océan de détresse, subsistent de grandes iles d’espoir. C’est encourageant de voir beaucoup de jeunes suivre le droit chemin et travailler dur pour s’en sortir honnêtement, mais malheureusement ces gens là n’intéressent pas les médias, parce que ces derniers savent que l’obscénité et le sensationnel font mieux vendre.

Je ne m’érige pas en Docteur ès Vertus, tant s’en faut, parce que, nul n’est à l’abri d’une erreur, et : « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger « : comme le disait Térence (Publius Terentius Afer), mais c’est un constat que j’ai fait et que vous avez dû faire. Comme Natacha Calestrémé qui a vu changer la terre, moi aussi j’ai vu le Sénégal changer. J’espère qu’on va se ressaisir à temps. Que Dieu nous pardonne et nous guide.

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