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Société et style de vie

Ce que les Africains doivent savoir des conflits culturels et des pièges inhérents à l’immigration

24 septembre 2021, M. Sow
Ce que les Africains doivent savoir des conflits culturels et des pièges inhérents à l’immigration

Personnellement je suis convaincu que la place d’un enfant se trouve à coté de ses parents qui sont plus à même de fournir les sacrifices nécessaires pour sa bonne éducation.

Tonton Ndolane qui a immigré en France depuis plus de 20 ans maintenant est toujours choqué quand son jeune fils le regarde droit dans les yeux lorsqu’il l’engueule après une bêtise. Il se retourne souvent avec un air dépité vers sa femme Ndew et lui dit : « regarde moi cet enfant indigne qui me défie du regard quand je lui parle, moi, mon regard n’a jamais croisé celui de mon père ! ». Tonton pense sincèrement que son fils lui lance un message en le fixant comme ça, du genre : « Tu peux toujours gueuler mais tu n’oseras pas me taper ». Il faut dire que la semaine dernière, Ndolane a eu de nouvelles évidences qui confortent son ressentiment. En effet, Waly qui a d’énormes difficultés à l’école, est rentré avec un papier de l’assistante sociale qui est convaincue que le petit est violenté à la maison, raison pour laquelle il n’arrive pas à se concentrer. La dame a bien essayé de lui tirer les vers du nez mais Waly lui a juré que ses parents n’ont jamais levé la main sur lui. Ce qui est d’ailleurs vrai. Oui, Ndew lui donne une petite fessée de temps en temps -quand le petit traine des pieds pour faire ses devoirs par exemple- mais rien de bien méchant. L’assistante sociale lui a quand même laissé un numéro vert gratuit où il peut appeler 24/7 au cas où il décide de « livrer » ses parents.

Waly est d’autant plus perturbé car il se fait également souvent gronder par sa maîtresse pendant ses sauts de concentration en classe ; et là, elle lui crie dans la figure : « regarde moi dans les yeux quand je te parle ».

Influences culturelles et éducation

Comme Tonton Ndolane, beaucoup de parents immigrés subissent de plein fouet cette double culture africaine/occidentale à laquelle leurs enfants sont confrontés. Si on prend l’exemple du regard : en Afrique regarder une personne plus âgée dans les yeux lorsqu’il vous parle est interprété comme un manque de respect, en Occident par contre c’est le fait de ne pas regarder la personne qui vous parle qui est considéré comme un manque de respect. Imaginez alors le désarroi du petit Waly à chaque fois qu’il est confronté à ces messages contradictoires. Quand Waly va chez ses potes blancs, il les entend parfois dire à leur maman : « maman arrête de mentir », sans que cela n’émeut personne ; lui lorsqu’il dit à Ndew : « maman tu mens », il se fait remonter les bretelles et récolte même une punition. Ndew sa maman, ne comprend pas non plus comment Waly peut préférer un burger avec des frites à un bon « thiéré siiw ».

Plus généralement, un enfant né en France passe la majorité de son temps à l’école, ou à s’amuser avec ses copains de culture française. Il prend forcement des habitudes alimentaires à la cantine scolaire et est beaucoup influencé par sa maitresse qui lui explique –par exemple- qu’un enfant peut très bien avoir deux papas ou deux mamans et être heureux. Moi, un de maîtres de primaire, monsieur Diallo (un musulman fervent) nous disait que le sort réservé par la charia à deux hommes qui s’adonnent à des actes « contre nature » était la peine de mort. Au Sénégal l’on ne va pas jusqu’à tuer les homosexuels mais ils peuvent se retrouver au gnouf s’ils se font choper. Demandez à Jupiter N…

Il est donc évident que l’environnement où l’enfant évolue va fortement influencer son code de valeur morale, intellectuelle et culturelle mais et c’est en fin de compte l’éducation inculquée par les parents qui va lui enseigner le savoir-vivre et les bonnes manières.

Voici une illustration très parlante donnée par une internaute : « Je suis en plein doute car j’ai deux enfants, le plus grand a grandi au Sénégal avec ma sœur et le petit est né et à grandi à l’extérieur avec moi mais la différence est extraordinaire!!! Le plus grand est comme nous qui avons grandi au pays, respectueux des parents, n’osant pas répondre mais aussi fourbe et menteur comme un arracheur de dent. Mais il ne me mène pas la vie impossible et travaille bien à l’école. Le plus petit, tout ce qu’il fait il te le dit les yeux dans les yeux, tu lui dis un, il te répond quatre mais ne ment pas. Pareil pour ses professeurs, il ne faut pas lui marcher sur les pieds. Quand il a une note tu lui demandes c’est quoi la meilleure note, il te répond que ce n’est pas son problème les notes des autres. « Dougnou woudjé » alors que moi je me rappelle, nous on aimait tellement les rangs et se sentir meilleur que les autres. Je suis mitigé car par moment je ne sais pas quoi faire. Je ne dis pas que les toubabs sont francs et nous menteurs mais il y a dans notre éducation quelque chose qui fait que l’on n’ose pas dire la vérité pour ne pas blesser et pas chez les toubabs(le maslaa). L’immigration, c’est très perturbant, je ne sais pas quoi faire. »

Personnellement je suis convaincu que la place d’un enfant se trouve à coté de ses parents qui sont plus à même de fournir les sacrifices nécessaires pour sa bonne éducation.

Le piège des allocations

Faire des enfants en France par exemple peut rapporter de l’argent, surtout pour les parents à revenus modestes. Aussi d’aucuns peuvent être tentés de multiplier les maternités pour arrondir les fins de mois ; au risque même de ne pas être capable de leur donner une éducation de qualité. Un internaute a interpellé certains parents immigrés en ces termes : « Ceux qui ne veulent avoir des enfants que pour les allocations, le regretteront tôt au tard, parce que les allocations sont, non seulement pas très conséquentes, mais elles sont surtout temporaires. Or, les enfants nés juste pour des visées pécuniaires, sont en manque d’amour et de bonne éducation ; dans la plupart des cas, ce sont eux qui vont devenir les futurs révoltés de la société. Les problèmes qu’ils peuvent poser leurs feront surement regretter de les avoir mis au monde juste pour de l’argent ».

Nous vivons aujourd’hui dans un monde de plus en plus compétitif où même des personnes surdiplômées peinent à trouver du travail. Aussi il serait peut être plus judicieux de faire peu d’enfants bien encadrés que d’en faire pleins qui ne seront pas suffisamment préparés à affronter ce monde de brute.

D’autres essaient de profiter du système des allocations chômage en collectionnant les contrats à durée déterminée (CDD) ; ils peuvent ainsi aller passer du bon temps au pays tout en se faisant indemniser pendant leurs périodes d’inactivité. Ce qui n’est pas forcément un bon calcul car, ces mois d’inactivité feront des cotisations en moins à l’heure de la retraite.

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