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Entre hypocrisie factuelle et complicité ontologique durant le Ramadan

Société et vie personnelle

Pratique religieuse au mois de Ramadan, hypocrisie factuelle et complicité ontologique. La religion envahit le champ sociétal plus que jamais au mois de ramadan. C’est drôle combien on est a la quête des bienfaits divins.

Mis à jour le 25 octobre 2020, Ousmane Touré
Entre hypocrisie factuelle et complicité ontologique durant le Ramadan

Etre musulman peut être basé sur une résolution d’être ou un état de fait selon le degré de conviction de l’individu. Le mois de ramadan est un mois béni par Dieu non par les dieux. Mais on a l’impression qu’il y a plusieurs dieux car la notion de spiritualité dans sa pratique semble fragmentée. Cette fragmentation est comme une fracture temporaire selon une temporalité définie par le moment. Le mois de ramadan est un mois sacré qui conduit comme a un songe heureux, celui qui est défini par le principe moral selon lequel Allah (swt) nous pardonne nous pêchés. Cela crée un effort incitatif dans la pratique religieuse et il en découle une générosité pleine d’ardeur assidue. On entend souvent comme une injonction verbale bardée d’effet jouissif avec un éclat particulier « alla hou Akbar ! ».

C’est l’illustration d’un sentiment d’exaltation, de satisfaction par rapport à l’avènement d’un évènement. C’est un merci, de même que la marque d’une satisfaction. Ainsi, l’aspect productif de l’évènement est certainement positif. La vertu religieuse est consacrée en ce mois béni de ramadan. Ce mois tant chéri, est célébré par des milliards de musulmans. Le mois devient donc le couronnement d’une apothéose religieuse. Cette religiosité ambiante est fort belle car le commun des sénégalais s’attèle a la tache de façon indélébile a la recherche de la grâce de Allah. La ferveur religieuse atteint son nirvana, l’horizon semble se repousser de façon plus haute pour sanctifier la majesté du moment. On fréquente les mosquées, on embrasse l’islam comme si le jour du jugement dernier est proche, on écoute le coran avec beaucoup de délectation et soudain le message divin revêt tout son sens à croire que l’angoisse existentielle est rangée dans un tiroir. On s’imprègne de la beauté du texte et de son mysticisme. La pratique religieuse est quotidienne, et se confirme au firmament des jours qui défilent.

Ainsi chaque jour, on arbore son cure-dent comme carte d’identité religieuse pour exprimer sa solidarité organique. Il y a un effet de collectivisation enrobée dans un destin commun de participation à l’édification divinatoire de Allah. Cependant, le temps paraît suspendu, lourd. Il ressemble à une torpeur morale vaine et longue souscrite à l’infinité de l’instant. La longueur du temps s’amenuise de façon latente. Une latence morose grâce aux croyants impatients. Ce mois est éternel pour certains car ils souffrent en silence ou en clandestinité à cause de la perte de leur animalité et de cet esprit primaire. Quand le mois se termine, ils disent ouf ! Basta ! Ils affichent des sourires narquois car complices du diable ! Cheytane est leur allie secret !

Quand ils sont en voyage pour bien longtemps dans un pays lointain, fini le ramadan, ils se plaisent à justifier la difficulté de la chose. Tout d’un coup, on se rappelle du chapitre des hypocrites dans le coran ! Pour ce faire, l’hypocrisie factuelle prend toute sa fonction ambiguë dans l’exercice quotidien de la religion. Dans leur for intérieur, ces individus embrassent l’enthousiasme général pour ne pas gêner ou se faire repérer comme un vulgaire corniaud. Ils regrettent ce temps perdu a ne pas forniquer, fréquenter les boites de nuit et suivre les prescriptions divines de Bacchus le dieu bien aimé. Les quolibets, les commérages reprennent droit de cité. Ils arpentent les rues d’un pas décidé en grands fouineurs de la rue noire pour entamer cette vertu de la pratique bestiale de l’amour avec un soupçon de vulgarité très prononcé sur le discours. Cela n’est que le reflet d’une complicité ontologique.

Cette complicité ontologique est une fort belle orchestration morale. Il y a un aspect incisif dans la pratique. On s’évertue à aimer son prochain, à refuser le conflit, à aller dans le sens d’une approche consensuelle d’ou l’apparition d’un esprit de convergence morale. La fraternité est célébrée a tour de salamalecs très vigoureux et chaleureux. On développe une solidarité sociale de façon implicite, la spontanéité devient reine dans le quotidien. La création d’un sentiment de béatitude découle de source profonde avec des « la illakha illalla » qui bourdonnent dans nos oreilles comme des abeilles dans un essaim. On vit sa religiosité dans la joie et l’allégresse.

Ces hypocrites ont une capacité d’adaptation hors norme car leur islam est temporaire, et calculé. Ils frôlent la purification et tendent naturellement vers la chosification divine. On se terre avec ses défauts dans ce mois béni. L’individu n’est-il pas imparfait par nature car la perfection comme l’éternité est le fait de Allah. Pourtant, il y a un effort fourni dans le souci de plaire. Il faut faire preuve de vitalité face à la vitrine socioreligieuse, sinon gare à la médisance collective. La pluralité religieuse dans un embryon collectif de procédé associatif permet de maintenir l’individualité pernicieuse dans un canari souterrain. L’expression de l’impression imagée est l’émergence de sentiment d’adéquation entre soi et la religion malgré les obstacles rencontrés.

Le premier obstacle est celui de la bouffe. L’islam enseigne la sobriété tant au niveau moral que physique. Le mois de ramadan est l’occasion d’un festin à faire pâlir d’envie Astérix et Obélix. On s’empiffre, on se goure le ventre comme un glouton, le bourratif est consacré, vive la république des goinfres ! On garnit la table pour faire un étalage abusif de propriété alimentaire et pour maintenir une réputation socio-familiale. Les élans de largesse pleuvent, sunna ou culture renforcée ? Il y a une certitude de la charge boulimique qui fait penser à un déséquilibre d’ordre mental. On mange sans répit, taraudé sans cesse par le temps ! Quel mauvais compagnon ce temps ! Il pousse au stress du devoir non accompli.

Donc, cette boulimie amène des ballonnements, de l’aérophagie et des maux de ventre, on mange jusqu'à vomir. Apres une journée de travail sous un soleil chaud très sévère, on court a la maison pour un concours de remplissage avec tous ces mets succulents. L’impatience est de rigueur ! On surveille la cloche d’un air grave avec un sentiment d’angoisse très visible. Il y a une rupture, une césure entre la dimension critique du jeune et sa dimension morale. Le seul paradoxe repose sur ce cette croyance a ce faux consensus.

Pour se rassurer, les gens posent la sempiternelle question : « est-ce que tu as jeune ? ». Dans un souci d’apaisement et pour échapper a la vindicte populaire, meme les malades répondent dans l’affirmative. La stigmatisation devient la norme car le citoyen sénégalais se transforme en juge impardonnable face au manquement religieux sans connaître nécessairement la motivation de fond du non jeuneur. Quand on ne jeune pas, on est bon pour l’enfer sans que l’on prenne la peine de comprendre que une personne peut-être diabétique ou cardiaque.

La question de la reconnaissance du jeuneur demeure dans un principe de commodité morale ou l’autre cherche à se rassurer dans sa course effrénée au paradis. Ce rapport a autrui engendre bien des incompréhensions de deux sous puisque autrui n’est que la personnification abstraite et allégorique de l’autre. Etre dans le mois de ramadan dans sa dimension pratique signifie exprimer son amour pour Allah dans une volonté ardente. Cette ardeur doit être morale. On frise l’asphyxie morale à cause d’un système de régulation décidé et voulu par autrui. On lorgne ce que fait l’autre. La tolérance comme valeur religieuse et morale, est compromise.

La raillerie se construit dans un circuit social vicieux. On est désigné du doigt. La subtilité de la méchanceté prend ses quartiers comme une vielle termitière abandonnée par ses habitantes. La calomnie est la règle générale de principe. Le talent de la simulation de certains est au delà des capacités de tous les grands comédiens sénégalais de Sanekh a père bou khar. La manifestation a l’attachement de Allah doit être tonitruante avec des « allakhou Akbar » ou des « eskeuy » accompagnés de claquements de doigts. Déroger à ce zèle religieux crée un soupçon de culpabilité.

Cette castigation religieuse oblige à une opération de compétition dans la pratique. La religion envahit le champ sociétal plus que jamais au mois de ramadan. C’est drôle combien on est a la quête des bienfaits divins. Par conséquent, la culture du bien apparaît comme une belle fontaine sans limites. La démonstration extérieure non intériorisée de cette notion de religiosité devient la norme jubilatoire. La jubilation est de mise ! Pour combien de temps ? Vers la fin du ramadan, l’effet de volupté religieuse s’estompe. Le temps du couronnement arrive ! Les habits, les repas, les cadeaux, on en oublie les dix derniers jours du mois qui sont fort importants par rapport à une intensification de la pratique. Les hypocrites savourent la cessation de ce temps o combien suspendu ! Certains s’improvisent en Nostradamus et voient la lune sine die.

L’argument principal est que l’heure de la rupture totale est venue car ils ont fait assez de faveur à Allah ! Donc attendre un jour de plus est un crime de lèse-majesté. C’en est plus, c’est fini ! Le ramadan est à l’article de la mort car il y a aussi des guides religieux qui osent franchir le pas en ordonnant l’arrêt de cette hostilité morale. Le ramadan est un mois hostile aux hypocrites. La sacralité du moment doit cesser a tout moment car comme le peuple de lot, il y a des individus dévoués au pêché, quelqu’il soit ! L’assiduité dans la pratique en prend un sacre coup. La continuité dans l’action est plutôt un leurre.

Cette fausse mythologie fallacieuse basée sur un leurre se définît l’appréhension de ce qu’est la religion. Cette vision erronée repose sur cette croyance que le fait de prier nous absout de tous nos peches. On cherche une validation du peche dans la prière car cette dernière nous donne des garanties de succès très probables vis a vis de Allah. L’idée prépondérante est que, on a en quelque sorte un statut d’exemption morale avant, pendant et après le ramadan. La vérification du procédé n’est plus à démontrer. C ‘est comme le mythe de Sisyphe. Le chemin de la facilité est d’une beauté rare ! On célèbre la beauté de la faiblesse humaine et on vomit la lettre et l’esprit de la théologie musulmane. L’effort est simplement justifié pour un ailleurs meilleur.

Où est le diam ? Le diam est le croyant qui dans sa totalité individuelle se soumet à Allah. L’obéissance à la prescription divine est comme un sacerdoce. On se cache, en fait, derrière un cadre holiste qui dessine les contours d’une conscience collective. Cependant l’exercice de la liberté individuelle est un vrai défi herculéen. Ce mécanisme d’internalisation de la piétée religieuse est obstruée par une perversion narcissique basée sur un ego au service du principe de plaisir. Le coran n’est pas une soupape de sureté morale, ni un gage d’inspiration quotidienne. On est sourd au texte au lendemain du ramadan ! L’humilité n’est plus la norme de régulation fonctionnelle. Le super ego religieux, entité forte agissante est mise en berne pour une autre année supplémentaire.

Enfin, cette radicalité excessive dans la fausse pratique de la religion au mois de ramadan serait comme le reflet d’une maudite gangrène qui vient se greffer naturellement a l’insuffisance morale déjà entamée du musulman sénégalais. L’esprit de zèle religieux qui gouverne les pensées dans un effort commun de communion religieuse ressemble aux fourberies de quatre vieillards dans le vent. Cette passion effrénée pour Allah est éteinte pour le retour des plaisirs terrestres. A croire que la circonstance définît la croyance. Par rapport à une réalité objective, la pratique de la religion montre la difficulté d’être un bon musulman. L’apprentissage de la religion à travers une représentation heuristique est une constante qui se veut être l’expression d’un raccourci mental. S’il y a une symbolique religieuse, le musulman sénégalais doit savoir que l’enfer est un purgatoire eternel dans lequel personne ne voudrait aller. On a juste envie de dire « astafiroulah » ! Le serment d’allégeance morale est aisément un contrat moral vicié avec des conséquences futures irrémédiables.


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