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Le genre masculin et le mensonge, une longue histoire à absolument comprendre

Société et vie personnelle

La mythomanie traduit une organisation névrotique de la personnalité, qualifiée d'hystérique. Mais elle peut également être présente lors de troubles psychotiques.

Mis à jour le 22 octobre 2020, Seytoo
Le genre masculin et le mensonge, une longue histoire à absolument comprendre

De vulgaires menteurs ! Nous le sommes assurément tous. Mais à quel degré ? Dans les cars rapides, les taxis, les places publiques, les appartements feutrés ou les stades, bref dans tous les lieux d’interactions, les hommes utilisent le mensonge pour différentes raisons.

Pourquoi ment-on… vraiment, même lorsqu’on n’en sent pas le besoin ? Qui sont les plus grands menteurs de la société sénégalaise ? Pour quels motifs et avec quels moyens ment-on le plus ? Des questions qui ont taraudé notre esprit et nous ont poussé à réfléchir sur le sujet. Avec le moins de mensonge possible.

Le mensonge est difficile à cerner, même dans la définition qu’on lui colle. Est dit mensonge «toute assertion contraire à la vérité faite dans le but de tromper». Mentir, c’est aussi «donner pour vrai, ce qu’on sait être faux» ou «nier ce qu’on sait être vrai». Ces tentatives de définitions que l’on trouve dans les dictionnaires, loin d’être fausses, sont pourtant incomplètes. D’autres formes de mensonge existent comme le fait de laisser subsister le doute en taisant la vérité. L'opposition vérité et mensonge est courante.

La vérité n'étant pas une notion absolue, la notion de mensonge est elle-même floue. Le dicton toute vérité n'est pas bonne à dire renvoie aussi à l'idée que, peut-être, toute vérité n'est pas bonne à entendre et entraîne ainsi un bon mensonge, au moins par omission. Il y a aussi le fait d’imiter la vérité, ne serait-ce que pour faire rire. « Il n’y a pas de fausseté plus puissante dans son expression, selon les hommes, que celle qui imite le vrai » affirme fort justement Pio Rossi dans le dictionnaire du mensonge (Un vocabulario per la menzogna).

Il y a enfin les mensonges souvent répertoriés par les psychologues, au nombre de trois. Le mensonge joyeux, énoncé pour plaisanter ou se moquer quelque peu. Il est distingué toutefois lui-même de la simple plaisanterie de circonstance où les deux parties sont de connivence sans ambiguïté sur le fait que l'information mentionnée est fictive. Le mensonge officieux, que l’on énonce pour rendre service à autrui ou à soi-même. Ce mensonge est alors considéré comme plus ou moins grave, selon ce dont il s’agit et en fonction des circonstances qui l’accompagnent. Quand le mensonge officieux ne contient aucun élément nuisible, le sage ne le blâme pas chez autrui ; mais il l'évite pour lui-même.

Enfin, le mensonge pernicieux, qui a non seulement l'effet, mais le but de nuire à autrui. Ce mensonge parfois nommé par la littérature mensonge malicieux, est naturellement considéré tant par la morale que par la religion comme le plus grave des trois.

Nous mentons tous !

Parmi les mensonges que l’on pourrait qualifier d’utiles, il y a aussi ceux du médecin à son patient, des parents aux enfants pour les pousser au dépassement, de l’Armée à la population, etc. On ment ainsi tous. Mais à des degrés et pour des raisons différentes. Qui n'a jamais proféré quelques contrevérités et oubliés sciemment de menus détails… Que ce soit en couple ou au travail ou dans de simples discussions, le mensonge fait partie de la vie quotidienne. Les mobiles sont nombreux, mais les plus fréquents sont pour justifier un retard, une absence ou une faute.

C’est ainsi que l’élève ment quotidiennement à son professeur, l’employé à son patron, le partenaire à son associé, la femme à son conjoint, l’enfant à ses parents et vice-versa, etc. Même si la religion et la morale semblent l’abhorrer, le mensonge s’avère dans bien des cas utile voire salutaire à la normalisation de la vie sociale. La politesse amène dès fois à mentir, quand par exemple quelqu’un de plus âgé dit une fausseté, on se refuse de le contredire, un mensonge entraînant alors un autre.

Les règles de la diplomatie obéissent aux mêmes critères et renseignent de l’ampleur des mensonges des Etats ; pour garder de bonnes relations avec un Etat ami, les dirigeants se sentent obligés de dire des mensonges, soit pour ne pas enflammer une situation, soit pour favoriser une entente. L’hypocrisie est ainsi un des pions essentiels pour réunir les Etats. Le mensonge d’Etat sert aussi de refuge aux gouvernants pour noyer leurs excès, sous le couvert du secret d’Etat.

L’universalité du phénomène

Mentir. C’est l’un des premiers défauts que l’on se voit interdire dès le bas âge. Pourtant, plus on grandit, plus on sent le besoin de mentir, parfois même pour des raisons que l’on ignore ; on convoque souvent un petit mensonge pour se disculper. Une chose est certaine, c’est que les Sénégalais aiment mentir…et mentent bien.

Heureusement (?) que le mensonge n’est pas un fait qui nous est propre, il est universel et traverse le temps, n’en déplaise à Wolof Ndiaye pour qui « Lù dùl dëg dù yag » (le mensonge ne saurait perdurer).

Le monde qui nous entoure n’est pas très honnête. Loin s’en faut. D’un bout du monde à l’autre, on ment, Voltaire dixit. D’après Pio Rossi, une des dernières écoles Ecoles des Grecs examina cette particularité et c’est encore matière à réflexion que de savoir d’où vient que les hommes aiment le mensonge, même quand ils n’en retirent ni plaisir ni gain. Les mensonges sont extrêmement fréquents dans nos sociétés. Selon une étude américaine (J Pers Soc Psychol, mai 1996 ; vol. 70 : p. 979-95.?), nous mentons ainsi en moyenne deux fois par jour et sur une semaine, un tiers des personnes que nous rencontrons auraient eu droit à une vérité de notre cru !

Comme pour toutes les études, ces statistiques sont très en deçà de la réalité sociale. Les limites de ces études peuvent être perçues facilement dans la mesure où, celui qui se voit interrogé par une enquête sur le mensonge s’efforcera de mentir le moins possible, et c’est là déjà le premier mensonge.

Le podium du mensonge

Quand on parle de menteurs au Sénégal, les plus indexés sont sans doute les politiciens, les journalistes et les commerçants. Ce podium est ainsi décerné dans l’ordre par les personnes que nous avons interrogées. Les politiciens sont désignés du doigt, particulièrement pour leurs promesses électorales. I. Diagne est catégorique, pour lui les politiciens et les journalistes manipulent la conscience de leurs auditeurs pour les berner :«. On ne peut dépasser les politiciens et les journalistes en matière de mensonge; ils nous balancent des contrevérités à longueur de journées et se démentent le lendemain.»

Pour les journalistes par contre, la principale cause du mensonge se trouve dans la recherche…de la vérité. «On prêche le faux pour avoir le vrai» se justifie souvent les pisse-copies pour expliquer la présence du mensonge dans les colonnes et sur les ondes. Enfin les commerçants mentent en vantant les mérites d’un produit afin de mieux le vendre, ou en déclarant les acheter plus que le vrai prix d’achat. Les publicités mensongères sont aussi à ranger dans cette catégorie de mensonge à caractère commercial. Dans une autre mesure, le couple, directement ou indirectement est le lieu où l’on ment le plus et le mieux, la confiance au conjoint aidant.

En effet, pour plaire à l’autre, on essaie de lui montrer une bonne image de soi, pour ne pas le (la) perdre, nous lui mentons sur certains de nos actes. Pour respecter un rendez-vous avec son conjoint, aller à une soirée, à la plage, les jeunes usent et abusent du mensonge pour berner leurs parents. F. Diop, élève de 17ans avoue mentir «presque chaque jour à Maman. Avec les groupes de travail comme prétexte, c’est facile, d’autant qu’elle tient beaucoup aux études.» Pour les soirées dansantes, c’est plus compliqué, mais les jeunes filles trouvent toujours la parade pour dribbler papa; on demande de passer la nuit chez la cousine ou l’amie, la destination est pourtant tout autre.

Les femmes, de grandes menteuses !

N'en déplaise à ces dames, une autre étude (National Scruples and Lies Survey 2004, menée par le magazine britannique "That's life", décembre 2004) anglaise réalisée auprès de 5 000 femmes montre qu'elles seraient de véritables "arnaqueuses" professionnelles. Selon l'enquête, 19 femmes sur 20 (soit 95% des personnes interrogées !) reconnaissent mentir à leur conjoint. Et il s'agirait souvent de gros mensonges. Parmi les plus proférés, le fameux «mais non, tu n'es pas gros», qui soit dit en passant, doit certainement être autant prononcé par ces messieurs.

Révélation explosive : la moitié des femmes interrogées reconnaît que si elles tombaient enceintes d'un autre homme accidentellement, elles ne diraient pas la vérité à leur partenaire. Toujours à propos de maternité, elles sont 42 % à reconnaître qu'elles seraient capables de mentir sur leur contraception, dans le but de tomber enceintes ou non malgré l'avis de leur conjoint. «J’avoue que je mens de temps en temps, surtout à ma femme, mais c’est pour préserver le couple », avoue ce jeune marié. Les femmes se plaignent ainsi des nombreux séminaires fictifs dont usent souvent leurs maris pour les berner et tenir des soirées avec leurs maîtresses ou leurs amis. Pour Fatim Diop, «les séminaires sont devenus un mauvais alibi, les femmes ne se laissent plus prendre par ces histoires à dormir debout.»

Pathologie du mensonge

Contrairement au menteur, le mythomane est inconscient de son mensonge. Il est incapable de faire la différence entre la réalité et les évènements issus de son imagination. C'est un phénomène caractéristique d'une certaine phase du développement de la pensée du jeune enfant, qui raconte comme étant vraies des histoires imaginaires. Ces mensonges ne sont pas intentionnels : l'enfant croit vraiment à ce qu'il raconte. C'est une étape normale de l'enfance. Mais quand cette tendance persiste au-delà de la petite enfance, et jusqu'à l'age adulte, elle révèle un trouble du comportement.

La mythomanie traduit une organisation névrotique de la personnalité, qualifiée d'hystérique. Mais elle peut également être présente lors de troubles psychotiques. La mythomanie devient pathologique si elle persiste au-delà de l'enfance. Elle est le signe d'un désordre psychiatrique plus ou moins grave. Le recours fréquent, voire permanent, aux mensonges est pour le mythomane le seul moyen de fuir une réalité qu'il ne peut accepter ou affronter sans souffrir. Il se donne ainsi l'illusion de changer cette réalité douloureuse. Cette fuite de la vérité traduit généralement un manque de maturité affective et de confiance en soi.

Mensonge et modernité

L'arrivée des moyens de communication modernes est un progrès ? Pas si sûr. Car la technique semble avoir facilité le mensonge ! Avec le développement des nouvelles technologies, le mensonge est devenu plus facile. L’usage du téléphone portable notamment contribue à la poussée du phénomène. Les gens mentent beaucoup plus au téléphone qu'en face-à-face. Il est en effet plus facile de proférer des énormités sans avoir à travestir également son attitude et supporter un regard inquisiteur.

Les adresses e-mail et autres «messenger» sont un canal pour le mensonge ; dans les «tchats», les gens donnent de faux noms, de faux adresses et numéros de téléphones mais aussi de fausses descriptions de soi. Droit et Mensonge Avec la modernité, les gens ne croient de moins en moins à la morale, au profit du droit. Qui est moins exigeant que la morale, ne réprime universellement le mensonge que s'il est émis lors d'un témoignage sous serment. Il y a quelques cas précis où il est inacceptable : la clause contractuelle, but d'extorsion de faveurs, falsification d'un document officiel (faux et usage de faux) et, comme partout, témoignage devant un tribunal.

Il est à noter que l'accusé, lui, n'est pas un témoin : s'il ment pour sa défense, il n’appartient qu’au juge d'en tenir compte ou non dans son verdict. Le droit peut en revanche condamner l'énoncé de la vérité, pour protéger la vie privée (toute vérité n'est pas publique) quand il s'agit d'une vérité tronquée pouvant induire en erreur lorsque l'opinion énoncée peut provoquer un trouble à l'ordre public. Le droit ne voit donc pas toujours la sincérité comme une qualité. Il n'a d'ailleurs pas vocation, contrairement à la morale, à s'occuper des qualités. Chaque système a ses règles.


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