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Le Sénégal et le culte de la médiocrité ! - SEYTOO.COM

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Le Sénégal et le culte de la médiocrité !

Société et style de vie

L'on peut sortir de chez soi, jeter des ordures n'importe où dans ces différents lieux indiqués et refermer la porte de sa concession derrière soi, sans que cela ne choque.

Mis à jour le 26 novembre 2020, Sud Quotidien
Le Sénégal et le culte de la médiocrité !

Un conducteur de véhicule de transport commun répondait ainsi à un agent de la circulation qui venait de l'arrêter pour avoir forcé un feu tricolore: «effectivement, j'ai bien vu que le feu était au rouge quand je passais, mais c'est toi que je n'ai pas vu».

Cette réponse qui en dit long sur son auteur est caractéristique de l'indiscipline qui va crescendo dans une société sénégalaise où tout semble marcher sur la tête. Pas de repères, ni de références, ni d'exemples pour des adultes encore moins des jeunes.

Le «Sénégalais» ne respecte aucune règle, aucune directive, chacun en fait à sa tête et se suffit à lui-même, si l'idole n'est pas tout simplement un contre modèle. Les comportements, les faits et gestes de tous les jours sont largement révélateurs de cette indiscipline caractérisée. Au Sénégal qu'il est convenu d'appeler «pays de la teranga», le ridicule, la médiocrité, la contre valeur, etc., semblent constituer la règle. La correction, la discipline, l'ordre, étant l'exception.

Un regard dans l'environnement immédiat ou un tour au niveau de différents services (publics surtout) dans les rues, avenues et grandes artères,de Dakar tout comme les localités à l'intérieur du pays permet d'apprécier.

En atteste, au pays de la teranga, malgré le désastre du bateau «le Joola» dont le naufrage a été commémoré seulement le 26 septembre dernier, les surcharges dans les cars de transport, notamment les "cars rapides" et "ndiaga ndiaye" restent encore le maître mot. Dépositaires de l'indiscipline dans le secteur des transports en commun, ils constituent un véritable danger, un tombeau roulant pour les nombreux passagers qui s'y engouffrent au quotidien.

Au Sénégal, également pays du «masla» (Compromis en Wolof) par excellence, il est plus «commode» d'uriner contre les murs de clôture des stades, concessions, maisons, écoles, gares routières, de transformer des chantiers en construction dans les quartiers en toilettes que d'aller se soulager dans des endroits strictement réservés à cela.

A longueur de journée, des vieilles personnes, adultes et jeunes, pour satisfaire ce besoin, baissent leurs pantalons ou culottes en plein air, au bord de la route, contre des murs. Debout les deux jambes écartées ou assis, c'est selon, l'essentiel c'est de se soulager et continuer son bonhomme de chemin ou ses activités. L'autorité, les passants, les regards, les mentions «défense d'uriner sous peine d'une amande de 5000 F Cfa» contre les murs, n'y feront rien.

Le «masla», la règle

Ces gestes qui frisent l'insolence sont devenus choses banales, ordinaires qui n'émeuvent presque personne. Rien n'y fait, soit c'est le mur de l'autre, l'anonyme, soit c'est la voie publique, donc de l'autorité.

Ça ne concerne directement personne, l'autorité ou le propriétaire de la maison n'étant pas témoin de l'incivilité, l'on peut se contenter de dénoncer dans son fort intérieur. Gare à celui qui ose ramer à contre courant d'une telle «habitude ancrée ou tolérée» dans la société en s'offusquant publiquement contre ces pratiques qui dérangent souvent.

Aussi, ne soyez pas surpris par l'insalubrité et la mauvaise odeur surtout, de passage dans certains coins. Ici fort de l'adage wolof: «personne ne peut vivre avec des ordures dans une maison» et les véhicules de ramassage n'étant souvent pas régulier, les trottoirs, les intersections des rues, les maisons en chantiers ou abandonnées deviennent de facto des «dépotoirs agréés» de déchets solides ménagers.

L'on peut sortir de chez soi, jeter des ordures n'importe où dans ces différents lieux indiqués et refermer la porte de sa concession derrière soi, sans que cela ne choque.

Aussi, avec l'avènement du «café Touba» vendu dans tous les coins de rue, boire le contenu d'une tasse à jeter et balancer le contenant par la fenêtre du véhicule en pleine circulation, ou le jeter au bas côté de la route quand il s'agit d'un piéton, cela fait partie du «civisme», chez-nous, au Sénégal. Et le contraire, c'est-à-dire garder ce petit pot vide, le temps de voir une poubelle pour l'y mettre ou à défaut attendre d'arriver à la maison pour s'exécuter «étonnerait» plus d'un. Que dire des sachets d'eau accessibles à toutes les bourses, les déchets plastiques qui ornent partout le décor.

La loi des hors-la-loi

Quid des marchands ambulants qui sont partout ? Au nom du fameux «damay daan sama doolé» (je veux gagner ma vie à la sueur de mon front), n'importe qui peut s'établir n'importe où, installer une table pour le commerce. La réglementation de ce commerce informel pose problème. Pire, ces hors-la-loi vont jusqu'à menacer les autorités municipales ou étatiques chargées de remettre de l'ordre, avec la complicité des médias qui, au lieu de leur faire savoir clairement qu'ils ont tort sur toute la ligne, se transforment en simple relais des menaces et revendications des ces personnes qui de prime abord ont enfreint la loi.

Et, comme si cela ne suffit pas, dans chaque quartier, notamment à Dakar, une des principales artères est transformée en marchés hebdomadaires qui débordent jusque sur la chaussée. Désormais, tous les jours de la semaine sont jour de marché hebdomadaire. Les collectivités locales mues par les recettes collectées et rentrées d'argent chaque semaine peuvent laisser les populations riveraines, usagers et autres automobilistes à la merci de ces marchands qui se croient désormais tout permis.

S'y ajoutent des garages mécaniques en pleine agglomération qui débordent sur les voies publiques, des trottoirs occupés par des cantines et tables de vendeur obligeant les piétons à partager la chaussée avec les véhicules. Aussi, l'Etat construit-il une passerelle pour les piétons qui veulent aller de l'autre côté de l'autoroute Dakar-Diamniadio. Eh bien, non seulement ces derniers ne l'empruntent pas, mais des chauffeurs et des charretiers trouvent que c'est pour leur voiture et leur charrette ! Le pire, c'est que personne ne va sanctionner cet acte d'indiscipline. On est bien au Sénégal et nulle part ailleurs. Conséquence, du fait de cet encombrement de l'espace, «Dakar étouffe».

Responsabilité de la presse

S'ériger en bouclier contre les mauvaises pratiques, c'est souvent courir le risque de se mettre à dos tout son quartier ou presque. La règle, semble-t-il, c'est chacun fait ce qu'il veut et ce que bon lui semble au vu et au su de tous, les autres qui n'ont rien à y voir peuvent payer les pots même s'ils ne les ont pas cassés. Les cours d'éducation civique et de morale enseignés à l'école dès le primaire qui permettaient à l'enfant d'intégrer certaines notions du civisme, de la morale, bref, de la citoyenneté ne servent plus à grand-chose. Ce qui compte c'est ce que fait tout le monde en tout temps, donc le culte de la médiocrité, la mauvaise habitude.

Pendant ce temps, les agressions récurrentes, les viols sur mineurs surtout, les cas d'inceste et autres sujets sensationnels peuvent faire les choux gras de la presse people plus intéressée par la rentabilité que le volet éducatif de la société qui lui incombe aussi.

Bref, le constat est là, les moyens de vivre sont en train de prendre le dessus sur les raisons de vivre au Sénégal. Quel dommage !


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