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« Les Arabes détestent les Noirs »

Société et style de vie

Les attitudes racistes se manifestent également d'autres façons. Souleymane, de Guinée-Conakry, est en colère du fait que les Marocains l'appellent “Africain” dans un sens péjoratif.

Mis à jour le 24 novembre 2020, Jannie Schipper, RNW
« Les Arabes détestent les Noirs »

Les migrants africains au Maroc se sentent harcelés par les gens du pays, et les Marocains à leur tour ont parfois peur des nouveaux arrivants. Entre les deux groupes, l'incompréhension est profonde. C'est la conclusion qu’a tirée Jannie Schipper, journaliste à Radio Nederland, lors d'une visite dans la zone boisée près de la frontière avec l'Espagne.

Ils pourraient vous manger

Sur le côté de la route de Fnideq à Ksar Sghir, dans le nord du Maroc, six jeunes hommes sont assis, les mains tendues dans un geste suppliant.

“Attention, ces Noirs pourraient vous manger”, nous lance sous forme de mise en garde un Marocain vendeur de jus dans la ville frontalière de Fnideq. Ils pourraient quoi ? “Oui, vraiment”, répond-il. “Ils sont capables de tout”. Les chauffeurs de taxi en attente de clients sur la place poussiéreuse manifestent peu d'enthousiasme lorsqu'il est question d'aller visiter ces Africains qui campent dans la forêt. “N'y allez pas, c'est dangereux”.

“Les Arabes détestent les Noirs. Et cela ne date pas d'aujourd'hui, c'est dans leur sang'', déclare Aboubakr, un jeune ressortissant du Sénégal qui espère éventuellement rallier l'Europe. Il a passé près d'un an à Rabat, la capitale du Maroc, avant d'arriver dans ce campement près de la frontière espagnole et ses expériences là-bas lui font ressentir de l'amertume.

“Certains de mes amis ont été attaqués au couteau. Les bandits nous prennent pour cible parce qu'ils savent que nous ne pouvons pas aller à la police, même si nous sommes dépouillés et blessés. Étant sans papiers, nous serons plutôt arrêtés. Les Noirs n'ont aucun droit ici”.

Frères africains

Les attitudes racistes se manifestent également d'autres façons. Souleymane, de Guinée-Conakry, est en colère du fait que les Marocains l'appellent “Africain” dans un sens péjoratif. “Ils doivent nous considérer comme frères africains, dit-il, c'est différent quand un Européen vous appelle Africain, ou quand un autre Africain le fait”. Aboubakr ressent également de l'insulte du fait que les Marocains “ne peuvent pas croire que la plupart d'entre nous sont aussi des musulmans”. A l'en croire, les gens sont surpris lorsqu'ils le voient s'agenouiller pour la prière. “Ils ne pensent pas qu'un Noir puisse être musulman”.

Du pain et des fruits

Pendant plus d'une heure, au moins cinq voitures s'arrêtent le long de la route. Un garçon court à la voiture, parle brièvement avec la personne à l'intérieur et revient avec un sac en plastique. Du pain, des morceaux de fruits, parfois un peu d'argent. “Ma mère achète du pain pour le leur apporter”, nous dit une jeune femme venant de Ksar Sghir voisine. Pour elle, c'est un geste humanitaire naturel. “Ils vivent là-bas sans rien, nous devons les aider”. Un vendeur de volaille à Fnideq garde les pattes de poulets pour les Africains vivant dans la forêt parce qu'ils les aiment et les Marocains ne les mangent pas. Il a pitié d'eux, “ils veulent juste aller en Europe, ils n'ont rien ici”.

La vie dans la forêt

Les jeunes Africains se frayent un chemin à travers les arbres et traversent des ruisseaux étroits pour arriver à ce qu'ils appellent “le ghetto”: un petit camp dans la forêt, à environ une demi-heure de marche de la route. Aboubakr vit là-bas avec une vingtaine d'autres personnes, essentiellement des Sénégalais et des Guinéens. “Le ghetto” se compose d'une tente improvisée et d’un petit feu de bois avec quelques marmites et assiettes.

Quelques centaines de mètres en contrebas de la montagne, il y a des camps similaires avec des personnes d'autres nationalités. Certains y sont depuis des mois, attendant une chance d'atteindre Ceuta, l'enclave espagnole au Maroc. La quasi-totalité de ceux qui vivent dans la forêt ont déjà tenté de passer la frontière plus d'une fois.

Des frontières fermées

Étant donné que l'Europe veille de plus en plus étroitement ses frontières ces dernières années, de nombreux migrants originaires d'Afrique sub-saharienne sont maintenant coincés au Maroc. Certains travaillent comme domestiques ou comme journaliers, très peu trouvent un emploi régulier. Les autorités traitent les migrants avec un mélange de négligence et de répression occasionnelle sous forme de raids et d'extraditions. Les réactions locales sont également mitigées.

“Il y a de cela quelques années, les gens devaient s'habituer à leur présence, mais maintenant, les relations sont au beau fixe”, explique un boutiquier dans un village de montagne près de la forêt. Un grand homme noir entre dans le magasin et achète du riz, des yaourts et autres produits alimentaires. “Les autorités m'ont conseillé de ne pas leur vendre”, dit le boutiquier, “mais je vends à n'importe qui, nous sommes tous les mêmes”.

Ce n'est pas dans leur culture

Le contact entre les deux groupes se limite le plus souvent à un simple bonjour et au revoir. Ni le boutiquier, ni le vendeur de volaille, encore mois la jeune femme avec qui nous nous sommes entretenus ne dit avoir des amis africains. Et les migrants dans la forêt semblent avoir autant une vision limitée de la culture marocaine que les Marocains ont de la leur. “Nous travaillons juste pour eux”, dit l'un des Africains. “Certains vous traitent bien, d'autres mal. Mais ils paient tous très peu”.

Beaucoup de Noirs dans l'équipe de football

Les migrants sont réticents à croire qu'ils pourraient rencontrer plus de racisme en Europe qu'au Maroc. S'ils parviennent finalement à traverser la frontière “les Noirs et les Blancs sont bien ensemble” estime Aboubakr. “En Hollande, il y a beaucoup de Noirs dans l'équipe nationale de football. Les Marocains sont juste jaloux”.

“J'ai cessé de me préoccuper quant à savoir s'ils sont racistes ou non, dit Jules, un ressortissant du Cameroun, dès lors qu'ils ont du travail pour moi. Et les Marocains n'en ont pas, donc je me dois d’aller en Europe.


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