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Que devez-vous comprendre des Griots ?

Société et style de vie

De nos jours, du fait de l'exode rural, de l'émigration et de la mondialisation, nombreux sont les enfants de griots qui ignorent tout des pratiques artistiques et des connaissances de leurs ancêtres.

Mis à jour le 19 janvier 2021, Seytoo
Que devez-vous comprendre des Griots ?

Un peuple emblématique de cette partie de l’Afrique, les Mandingues, ont une caste de musiciens et une organisation des musiques que l’on retrouve dans toute la zone soudanaise, c’est-à-dire le Sénégal, la Gambie, le Mali, avec des extensions jusque sur la côte guinéenne, le Burkina Faso et une partie du Soudan. La société mandingue se divise essentiellement en deux groupes : les nyamakala, caste des artisans, et les horon, caste des hommes libres ou nobles. Les premiers se divisent en plusieurs groupes : les forgerons et sculpteurs, les artisans du cuir, les griots de la parole, spécialistes des généalogies et du Coran et les artisans de la musique et de la parole chantée qu’on appelle jeli ou jali (djeli ou djali). Les horon sont les fermiers, les gouvernants, les militaires. Chaque caste a besoin de l’autre et c’est un système d’échange perpétuel qui s’est installé entre les uns et les autres.

Griot viendrait du portugais «criado» (chanteur, barde), voire du mot wolof gewel qui désigne la même profession chez ce peuple voisin des Mandingues.

Le griot est la mémoire ambulante du pays et pourtant il appartient à une caste inférieure. Ce statut ambigu lui confère un pouvoir fragile et malgré tout parfois redouté. Sur la kora, le balafon ou de petits luths (ngoni ou xalam) ou encore sur une vièle monocorde ou un tambour, il parcourt l’histoire des siens, depuis les grands héros de naguère jusqu’aux dignitaires du jour qu’il loue ou critique.

Il est chanteur et musicien, historien, généalogiste, chroniqueur, conteur… Il est payé pour être celui qui délivre les messages et interprète nombre d’histoires et de récits. C’est de lui que peuvent venir bonnes ou mauvaises nouvelles, histoires du passé, éclaircissement du présent, louanges de certaines castes, récits historiques. Aujourd’hui encore, le griot est recherché et il continue de distiller ce savoir pour lequel il est écouté, même lorsqu’il délaisse la kora ou le balafon pour la guitare). Il reste un chroniqueur important de la société africaine occidentale. Quelques grandes familles sont irrémédiablement liées à cette caste : les Kouyate, Diabate, Sacko, Diawara… Si les Mandingues appellent le griot djeli ou jali, les Foulbés et les Toucouleurs disent awlube et les Wolof disent gewel. En mandingue, djeli veut dire sang. Les griots sont comme le sang qui transporte la vie en ce sens qu’ils transportent la mémoire du peuple, qui passe ainsi de génération en génération.

« On ne devient pas griot, on naît griot par des liens particuliers »

Les liens du sang sont sacrés. Tout enfant est initié dès son plus jeune âge aux techniques et aux savoirs de sa caste. Ce sont les anciens qui forment les jeunes.

Être griot, c'est donc appartenir à la caste des djélis (« sang »), caste qui peut être identifiée par le nom de famille : Kouyaté, Diabaté, Niakaté, Soumano ,Sanogo... Il n'est pas possible de passer d'une caste à une autre. De plus, les mariages exogames sont interdits. Les djéli, porteurs des savoirs et des mystères, ne peuvent épouser que des membres de leur caste afin de sauvegarder la djéliya et de préserver l'identité des djélis.

Un enfant (fille ou garçon), né(e) dans une famille de djéli, reçoit l'instruction propre à sa caste, une instruction qui s'établit selon neuf piliers de sept années chacun, chaque pilier correspondant à une étape de la vie.

De nos jours, du fait de l'exode rural, de l'émigration et de la mondialisation, nombreux sont les enfants de griots qui ignorent tout des pratiques artistiques et des connaissances de leurs ancêtres. Par ailleurs, il est possible que des membres appartenant à d'autres castes accomplissent des fonctions de griots mais ceux-là ne peuvent être assimilés aux griots. Il en est ainsi de Salif Keïta (descendant de Sundjata Keita, caste des rois).

Rites funéraires

Au Sénégal, certaines ethnies – notamment les wolofs, les Sérères et les Lébous – n'enterraient pas leurs griots et leur refusaient l'immersion dans les cours d'eau mais les déposaient à l'intérieur des troncs creux de gros baobabs, une coutume qui s'est poursuivie jusqu'au xxe siècle.

L'anthropologue belge Guy Thilmans a, le premier, effectué des fouilles systématiques dans le pays afin de recueillir de tels restes au Sénégal. Il a rassemblé 140 crânes et de nombreux ossements qu'il a étudiés dans le cadre du Département d'Anthropologie physique de l'Institut français d'Afrique noire, transformé dans l'intervalle en Institut fondamental d'Afrique noire. Cette investigation a jeté les bases de l'anthropologie ostéométrique.



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