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Se débarrasser de la langue française au Sénégal, une nécessité ?

Société et vie personnelle

L’argument de la modernité du français est de la même veine, mais avec la paresse en plus. En effet, si le français est une langue moderne, c’est bien parce-que ses locuteurs l’ont « modernisée ».

Mis à jour le 29 octobre 2020, Sambel
Se débarrasser de la langue française au Sénégal, une nécessité ?

Langue française : dehors !

Le Sénégal est malade, contaminé par des dirigeants sans vision. Le pays est aujourd’hui 144e pour l’IDH, l’indice de développement humain. La pauvreté généralisée pousse de plus en plus d’enfants à errer dans les rues, devenant des « talibés » exploités par les marabouts. Les plus grands tentent leur chance vers l’Europe par tous les moyens. Mer ou désert, peu importe, l’essentiel est de partir ! Mais s’il y a une chose qui doit partir du Sénégal aujourd’hui, c’est la langue française. Et la base militaire avec.

Les problèmes qui accablent le Sénégal sont les mêmes que ceux qui accablent les autres pays d’Afrique dite francophone mais ont parfois une gravité bien supérieure. Prenons par exemple la question de la langue, ciment de la culture. En France, l’on se bat pour survivre à l’invasion de l’anglais et on défend à longueur de journée l’idée d’une exception culturelle française. Pour survivre linguistiquement sur le plan international, la France compte sur la francophonie : c’est à dire les nègres qui parlent français. Ces nègres sont des gens bien curieux qui loin de défendre leur propre culture sont ravis de contribuer à la puissance culturelle de leur ancien maître. Charité bien ordonnée commence par soi-même dit le dicton… sauf en francophonie ! Triste à dire mais le Sénégal ne fait pas exception à la règle, bien au contraire, il fait figure de champion en la matière !

On peut faire remonter cette tradition de soumission culturelle au président Léopold Sédar Senghor qui sous couvert de « négritude » fit passer bien des couleuvres à ses concitoyens. Son successeur Abdou Diouf occupa ensuite le poste de président de l’organisation de la francophonie. Alors que l’écrasante majorité des sénégalais parlent le wolof, la langue officielle du Sénégal est le français. Pourquoi ? Les africains, les sénégalais trouveront toutes sortes de raisons à priori sensées. Le français est une « langue internationale ». Le français est une « langue moderne ». Le français permet de conserver « l’unité du pays ». Chosir une langue nationale comme le wolof, le peul ou le sérère entraînerait des conflits intercommunautaires !

Cheikh Anta Diop, l’illustre scientifique et historien sénéglais, panafricaniste convaincu, avait déjà mis en pièces ces faux arguments dès 1948 avec son ouvrage Alertes sous les tropiques. Aujourd’hui, en 2011, la situation a empiré et les idées de Cheikh Anta Diop sont plus pertinentes que jamais. Le français est une langue internationale uniquement parce-que les africains veulent bien parler le français et en faire la langue officielle de leurs pays. On voit mal les vietnamiens accepter une telle humiliation ! A partir du moment où les africains cesseront de donner à la langue française un statut supérieur aux langues africaines, le français cessera automatiquement d’être une langue internationale.

A ce stade du débat, une des questions les plus posées est la suivante : mais comment va t-on faire pour communiquer à l’international ? C’est aussi une des questions les plus stupides. Comment font les européens entre eux ? Ils ne parlent pas tous français, il y en a même qui parlent letton… Et comme dans tous les pays, ceux qui veulent évoluer à l’étranger se mettent aux langues étrangères.

L’argument de la modernité du français est de la même veine, mais avec la paresse en plus. En effet, si le français est une langue moderne, c’est bien parce-que ses locuteurs l’ont « modernisée ». Il y a un siècle, l’hébreu n’était pas une langue moderne, c’était même une langue qui n’était parlée que par une toute petite minorité de juifs sionistes. Aujourd’hui c’est la langue moderne et officielle de l’Etat d’Israel. La modernité de la langue dépend donc des efforts qu’on met à la moderniser, par exemple en lui rajoutant des mots. Avec du travail, il est donc tout à fait possible au Sénégal de faire du wolof (et des autres langues nationales), des langues modernes dignes d’être utilisées dans les écoles, les administrations et dans tous les lieux de la vie publique et officielle. Il y a même urgence, car l’éducation des enfants africains dans des langues étrangères coùte bien plus cher et est bien mois efficace. Comme disait feu le professeur Joseph Ki-Zerbo: « quand deux africains se rencontrent, l’un massacre le français tandis que l’autre massacre l’anglais ». Arrêtons !

Enfin, on se pose la question : quelle langue choisir ? Le wolof ? le peul ? Le sérère ? Tout le monde ou presque parle le wolof, ainsi la seule solution pratique et vivement souhaitable est de faire du wolof la langue officielle et de s’en donner les moyens. Est-ce possible ? Bien sûr que c’est possible. C’est exactement ce qui s’est passé en Tanzanie lorsque le président Julius Nyerere décida de faire du Swahili la langue officielle du pays, utilisée partout.

Si vous n’êtes pas encore convaincu de la nécessite de remplacer le français par le wolof : je vous dirais encore une chose, une seule : les langues européennes retardent l’éducation en Afrique.


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