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Suis-je propriétaire de mon corps ?

Société et vie personnelle

En tant que propriété cessible, la virginité devrait pouvoir être établie objectivement, ce qui est impossible.

Mis à jour le 22 octobre 2020, Clups
Suis-je propriétaire de mon corps ?

Suis-je propriétaire de mon corps ?



Dernier avatar de cette formidable modernité qui ne laisse pas de nous surprendre : une certaine Catarina vient de vendre sa virginité aux enchères pour la coquette somme de 780 000 dollars, « pour aider les mal-logés ». Comment n’y avait-on pas pensé plus tôt ? Si l’on met de côté une philanthropie qui sent l’arnaque à plein nez, il reste un calcul rationnel qui laisse pantois. Faut-il en rire ou en pleurer ? Blâmer ou louer l’oie blanche ? Mais au fond, n’est-elle pas propriétaire de son corps ?

Cette question est de celles qui provoquent des crampes mentales. Il faut dire qu’elle est contaminée à la fois par une métaphysique implicite et par une confusion grammaticale.

- Nous « avons » un corps comme nous « avons » une voiture ou une télé. Il y aurait donc « moi » d’un côté, et ce que j’« ai » de l’autre – écoutez comme « je suis un corps » sonne bizarrement. Une métaphysique dualiste est comme enkystée à notre insu dans notre langage, qui sépare un « moi », esprit ou âme, d’un corps qui apparaît comme un objet à sa disposition.
- Quant à la propriété, elle relève de l’être : la virginité est une des propriétés du corps de Catarina, comme son poids ou sa taille, qui font qu’il est un corps singulier. Mais elle relève aussi de l’avoir, une propriété qui a une valeur d’échange : Catarina valorise sa virginité comme d’autres leur plastique, leur savoir-faire, leurs bons du trésor ou leurs lingots. La virginité relève à l’évidence du premier genre de propriété, mais comment peut-elle relever du second ? En tant que propriété cessible, la virginité devrait pouvoir être établie objectivement, ce qui est impossible.

Je prétends donc

- que nous ne sommes « propriétaire » de notre corps qu’en un sens métaphorique,
- que la virginité relève de l’être et non de l’avoir – ce qu’atteste d’ailleurs le fait qu’« avoir une virginité » ne fait pas partie de notre langage.

Catarina vend donc une « chose » qu’elle ne « possède »pas, et qui a perdu toute valeur symbolique avec la libération sexuelle. Escroquerie géniale ou naïveté extrême ? Merci à toi Catarina pour cette performance au sens artistique, qui met à nu - pourrait-on dire- la grande lessiveuse capitaliste qui réduit toutes les valeurs à une seule : le prix.


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