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Voleuse de maris, ce que vous devez savoir

Société et vie personnelle

Aujourd'hui, au Kenya, Gertrude Mungai est, de la même façon, objet de dénonciations et de poursuites pour avoir tenté d'émanciper les femmes à l'amour.

Mis à jour le 27 octobre 2020, Philippe Brenot, Le Monde
Voleuse de maris, ce que vous devez savoir

En société traditionnelle, ceux qui s'occupent de sexe ou d'amour sont souvent dénoncés, persécutés, exclus, dans la mesure où leur action trouble l'ordre établi. Ovide fut exilé par l'empereur Auguste pour avoir écrit l'Art d'aimer et, malgré ses suppliques, il ne revint jamais à Rome et termina sa vie en exil. En France au XVIIe siècle, Jacques Ferrand dut expurger son livre, La Mélancolie érotique, qui venait d'être interdit. Et, quelques années plus tard, Nicolas Venette dut prendre un pseudonyme italien pour publier son Tableau de l'amour conjugal, tant sa matière semblait subversive. Aujourd'hui, au Kenya, Gertrude Mungai est, de la même façon, objet de dénonciations et de poursuites pour avoir tenté d'émanciper les femmes à l'amour.

La naissance d'une sexologue

Gertrude Mungai est la première, et unique, sexologue du Kenya. Elle affirme même être « la seule sexologue du continent africain » ! Cette jeune femme très pragmatique a pris conscience il y a 10 ans de la « misère sexuelle » des femmes qui l'entouraient. C'est lors d'un Bridal Shower — fête anglo-saxonne traditionnelle à la veille d'un mariage, qui pourrait correspondre à un « enterrement de la vie de jeune fille » — qu'elle a pris conscience des difficultés sexuelles féminines à travers les témoignages nombreux qu'elle recueillait. Ces jeunes femmes prodiguaient en effet des conseils à la future mariée, essentiellement des conseils de protection envers la dureté ou la violence masculine, au point même de faire peur à la future épousée.

« C'est à ce moment-là que j'ai compris ma vocation. Je ne pouvais pas laisser ces femmes sans solution, je devais les aider. » Elle oppose à cette vision difficile de l'amour, les habitudes dans son village, son clan, dans son enfance, où, tout au contraire, « les femmes plus âgées, qui ont donc de l'expérience, apprennent aux plus jeunes à être de bonnes épouses, de bonne mères, de bonnes maîtresses de maison... ». Cette initiation entre femmes, certainement nécessaire, lui a cependant semblée trop traditionnelle et elle a décidé de la moderniser. Elle a ainsi ouvert à Nairobi son cabinet de sexologie qui ne désemplit pas. Et comme tout sexologue, Gertrude Mungai prodigue surtout de l'information et des conseils pour permettre aux jeunes femmes d'être prêtes à la relation amoureuse au jour de leur mariage. La palette de ses techniques est large, de la séance individuelle à l'entretien de couple, des conseils érotiques à l'apprentissage des boules de geishas, de la bascule du bassin ou des positions du Kama-sutra. Elle a même créé un cours de « gym vaginale » dans lequel elle enseigne la musculation périnéale.

Vol de mari !

Si les femmes, ses clientes, y trouvent leur compte et sont nombreuses à la plébisciter, les hommes, leurs maris, sont partis en guerre contre elle. À l'instar des patriciens romains qui pensaient qu'Ovide dévoyait leurs épouses, ces hommes du Kenya n'acceptent pas sa manière intrusive de pénétrer dans leurs affaires intimes. À plusieurs reprises on l'a traitée de « voleuse de maris » pour, d'une certaine façon, s'être immiscée dans la chambre à coucher. La sexologie est une façon moderne de considérer l'intimité comme une affaire individuelle alors que dans les pays de la tradition l'intimité de la femme est la propriété du mari. En Afrique, on ne parle pas des relations sexuelles, on les vit.

Si l'on y regarde de plus près, l'argument est le même que pour Ovide qui sera condamné à l'exil pour avoir tenté, croyait-on, d'émanciper les Romaines ou plutôt, disait-on, de les dépraver, les dévoyer ou les mener à la prostitution. Les arguments sont identiques, ce sont toujours ceux des hommes dominateurs traditionnellement blessés dans leur intégrité lorsque l'on touche à leur bien premier : leur épouse.


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