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Ce qu’il faut comprendre du piercing dans la société sénégalaise

Art de vivre

Même s'il ne comprend pas pourquoi les jeunes filles ont adopté cette mode, pour lui une chose est sure : il n'y a pas une partie du corps qu'elles ne se font pas percer.

Mis à jour le 26 octobre 2020, Seytoo
Ce qu’il faut comprendre du piercing dans la société sénégalaise

De plus en plus, les Sénégalaises adoptent de nouvelles manières de séduction. Après le piercing du nombril, du nez, maintenant la nouvelle tendance du piercing est celle de la langue, des sourcils, du menton, des seins et même des parties intimes. Un tour dans les rues de Dakar nous a permis d'en savoir plus.

Chez les bijoutiers du marché Sandaga, au coin dit «Lalou wourouss», nombreux sont les jeunes qui se disent «professionnels» dans le domaine du piercing. Ceux qui se limitaient à la vente des bijoux se font maintenant appeler «professionnels».

Dans ces lieux, dès qu'on débarque, on est interpellé de gauche à droite. Que ça soit pour acheter ou vendre des bijoux ou même pour le piercing. Avec cette nouvelle tendance du piercing de la langue, du sein, des sourcils et même des parties intimes, les «perceurs» se frottent bien les mains, car ce service marche bien. Selon Pape Mbaye, la vingtaine, considéré comme un professionnel, c'est surtout pendant les périodes de semaine culturelle ou d'ouverture de foyer qu'ils reçoivent le plus de clients.

Habillé d'un jean et d'un t-shirt de couleur blanche, lunettes noires collées aux yeux, boucles d'oreille, il laisse entendre que les élèves ont adopté cette nouvelle mode. Tel est également l'avis de Cheikh Diom, la quarantaine, vendeur de bijoux. Il s'y connaît bien. Cet homme confirme que c'est pendant les périodes de vacances que les filles font la ruée chez eux pour se faire du piercing.

Même s'il ne comprend pas pourquoi les jeunes filles ont adopté cette mode, pour lui une chose est sure : il n'y a pas une partie du corps qu'elles ne se font pas percer. «Il y a eu le piercing du nez, du nombril, maintenant la tendance est au piercing de la langue. Je ne sais pas à quoi ça sert de se percer la langue, mais une chose est certaine, c'est cette mode qui est en vogue ces temps-ci. D'ailleurs, ce n'est pas la seule partie du corps qu'elles se font percer, nulle partie du corps n'est épargnée», a déclaré Cheikh Diom.

Si pour Pape Mbaye, il y a des parties, du corps qu'il n'accepte pas de percer, son ami Serigne Sarr, âgé d'une vingtaine d'années, n’éprouve aucune gêne pour percer les parties intimes. «Il n'y a pas une partie du corps que je n'accepte pas de percer même les parties intimes. L'essentiel est qu'on me paye une somme qui en vaut le coup», confie-t-il. A l'en croire, ce sont d'habitude les prostituées qui se font percer cette partie du corps, même si il y’a certaines femmes qui ne sont pas de ce milieu et qui s'adonnent à cette pratique.

En ce qui concerne les prix, les «perceurs» affirment qu'ils varient selon les parties du corps à percer. «Les prix changent selon la partie percée. Par exemple, les piercings des oreilles et du nez sont plus accessibles, car ils peuvent se faire à 1.000F, à 2.000F ou 3.000 F. Mais pour les autres parties, à savoir la langue, le sourcil, le menton, le prix peut atteindre 5.000F. Le piercing des parties intimes est plus cher. Il se fait à 10.000F. Tout ceci dépend de la clientèle. Si c'est la première fois, le prix sera élevé. Une habituée peut bénéficier d'une réduction», explique Serigne Sarr.

Pour ce qui est du matériel utilisé, les perceurs de marché Sandaga estiment prendre des précautions, pour respecter les normés d'hygiène. D'après Pape Mbaye, les pistolets qu'ils utilisent pour le piercing sont désinfectés avant et après chaque usage. «Nous prenons en compte les normes d'hygiène. On désinfecte à l'alcool les objets qu'on utilise. De même, on veille vraiment à la propreté à fin d'éviter les risques d'infections»

Le piercing conçu comme une banalité par celles qui le pratiquent

Pour confirmer les explications de notre interlocuteur sur les relations qu'ils entretiennent avec leurs clientes habituées des lieux, trois élèves qui viennent de l'école, sont venues dire bonjour à leur «perceur» : A leur arrivée sur les lieux, dès qu'elles ont su qu'on était là pour parler du piercing elles n'ont pas voulu parler. l'une d'entre elles, teint noir, habillée d'un pantalon de couleur bleue et d'un t-shirt de la même couleur, s'est percé la langue. Élève en classe de terminale, elle refuse de parler de son piercing. Tout ce qu'elle peut dire c'est que ça ne fait pas mal, d'ailleurs ça fait plus d'un an qu'elle s'est fait percer la langue et n'a jamais eu de problème.

Sur la raison pour laquelle elle s'est fait percer la langue elle déclare: «C'est parce que ça me plaît et j'aime jouer avec». Interpellé sur ce qu'en pensent ses parents et ses professeurs, elle répond :. « C'est mon corps, il m'appartient. Et puis, le piercing est banal, il n’y a rien d'étonnant, tout le monde le fait.»
Pour ce qui est de l'hygiène, notre interlocutrice affirme qu'elle enlève le bijou de sa langue trois fois par jour pour le nettoyer.

Contrairement à son amie, l'autre en classe de terminale, également teint noir élancé, argue qu'elle s'était fait percer la langue, mais le trou est bouché. Elle ne fournira, pas une autre explication à ce choix.

Si ces filles ont choisi la langue, d'autres ont choisi le menton et les lèvres supérieures et inférieures. C'est le cas de Banna Camara et de sa cousine rencontrées à la Médina. Teint noir, habillées toutes les deux d'un bas et d'un body décolleté, noir pour la première et blanche pour la seconde, âgées d'une quinzaine d'années et élèves dans un salon de coiffure, ces adolescentes affirment que le piercing n'a rien á voir avec la vulgarité, elle est plutôt un moyen de séduction. «Je me suis fait percer la lèvre supérieure parce que je trouve que c'est très joli, ce n'est pas vulgaire et ça rend la femme plus charmante», déclare Banna Camara.

Même argumentation du côté de sa cousine qui a préféré garder l'anonymat. Selon elle, il y a même des femmes mariées qui font du piercing et leurs maris n'y voient pas d'inconvénient. «Le piercing n'a rien de vulgaire. Ma sœur s'est fait percer la langue et cela plaît vraiment á son mari, c'est á la mode et c'est trés joli », témoigne-t-elle.

Ces hommes qui en pincent pour le piercing

Des hommes qui ne trouvent rien de mal á ce que les femmes se fassent percer certaines parties du corps, il en existe. Rencontré á Fass, habillé d’un jean de couleur grise et d'une veste noire, une écharpe de la même couleur autour du cou, Modou Ndiaye accompagné d'une fille qui a la langue et la lèvre supérieure percées, déclaré : «Je trouve que c'est trés joli ! Ça rend les femmes encore plus belles et plus charmantes. En tout cas moi je n’y vois aucun mal».

Un pratique désavouée par les religions

Musulmane ou chrétienne aucune des deux religions révélées n'accepte les pratiques indécentes. Et le piercing des femmes à certaines parties du corps est inacceptable. Tel est l'avis des religieux.
Le piercing des femmes n'est pas inscrit dans le Coran, mais une chose est sûre : la religion a autorisé, celui de l'oreille mais pas les autres parties comme le nombril, les seins etc. La religion musulmane ne permet même pas à la femme de montrer certaines parties du corps à plus forte raison de le percer.
Selon l'islamologue, Mouskhine Diop, prêcheur à la radio Wa1f 3, dans la religion musulmane, le piercing de l'oreille est partie de Hajara, la seconde épouse dit Prophète Abraham. C'est à partir de là, pour la beauté de la femme, que cette pratique a été autorisée. Toutefois, l'Islam ne tolère pas le piercing au niveau des autres parties du corps. «L’Islam ne cautionne pas le piercing des autres parties du corps, l'Islam autorise à la femme de se percer l'oreille, mais pour les autres parties du corps cette pratique n'est pas recommandée. D'ailleurs, même le fait de montrer son nombril est interdit, à plus forte raison de se le faire percer, explique le, prêcheur. Et, poursuit-il, «Ces pratiques entrent dans le cadre de la dégradation des mœurs, c'est même une catastrophe la façon dont les femmes se font percer n'importe où sur le corps».

Le prêcheur de Walf 3 appelle à revoir l'éducation afin de cultiver cette décence que nous recommande la religion musulmane. Selon lui, si ces pratiques continuent, elles vont gangrener la société.
Du côté de la religion chrétienne, les prêtres rencontrés estiment que l'interdiction du piercing n'est pas inscrite dans la Bible, mais par la décence, la religion ne peut pas accepter qu'on se perce le corps. Car celui-ci doit rester naturel et par conséquent, on ne peut pas en disposer pour en faire tout ce que l'on veut.

Un signe de pertes de repères culturels

Nombreux sont ceux qui pensent que les Sénégalaises qui s'adonnent a la pratique du piercing sont en train de copier la culture occidentale au détriment de celle sénégalaise, Pour certains hommes rencontrés á la Médina, la façon dont des Sénégalaises se font percer certaines parties du corps n'a rien á voir avec la tradition. Elles sont en train de suivre la mode sans même se soucier de certaines valeurs et mœurs de la société sénégalaise.

Interpellé sur la question, ce quinquagénaire hoche la tête avant de répondre comme pour dire que les Sénégalaises ont perdu leurs repères. «Ce sont des choses qui ne font pas partie de la tradition sénégalaise. On peut être belle sans faire des choses qui tendent vers la vulgarité. Et puis, en dehors de cela, il y a la santé et je pense qu'en se faisant percer certaines parties du corps, elles ne se soucient pas du respect de nos valeurs. Je suis quelqu'un d'ouvert aux autres cultures, mais cette ouverture doit se faire tout en restant correct», a expliqué le commerçant.

Selon Moustapha Sow, technicien supérieur, le piercing de certaines parties du corps est vulgaire. Elles sont victimes de la mode. Je pense qu'on peut suivre la mode et faire de jolies choses, mais le piercing, ce n'est pas jolie. En tout cas moi, je n'aime pas les filles qui le font», argue-t-il.


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